La Commission de régulation de l’énergie propose une augmentation moyenne de 2,5 % toutes taxes comprises des tarifs réglementés de l’électricité. Dans son exemple, un ménage consommant 4 500 kilowattheures par an paierait environ 26 euros supplémentaires sur douze mois. La hausse n’est pas encore définitive et son effet réel dépendra du contrat, de la puissance souscrite et de l’option tarifaire.
Une hausse annualisée de 26 euros pour 4 500 kWh
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose une hausse moyenne de 2,50 % TTC des tarifs réglementés de vente de l’électricité. Pour les seuls tarifs bleus résidentiels, l’évolution atteint plus précisément 2,51 %, soit 5,98 euros supplémentaires par mégawattheure. Pour les petits professionnels, la progression proposée est de 2,35 %.
Dans l’exemple publié par le régulateur, un foyer consommant 4,5 mégawattheures, soit 4 500 kilowattheures par an, verrait sa facture passer de 1 046 à 1 072 euros. L’écart de 26 euros correspond à une année complète d’application. Si les nouveaux tarifs entraient en vigueur le 1er août, le surcoût supporté entre août et décembre 2026 serait inférieur, sans pouvoir être calculé par une simple division : la consommation d’électricité varie fortement selon les saisons et les équipements du logement.
Au 31 mars 2026, 19,37 millions de clients résidentiels disposaient d’un contrat au tarif réglementé en France métropolitaine continentale. Pour donner un ordre de grandeur, la variation moyenne annoncée produirait les effets annualisés suivants :
| Consommation annuelle | Surcoût annuel indicatif | Équivalent mensuel moyen |
|---|---|---|
| 2 000 kWh | Environ 12 € | Environ 1 € |
| 4 500 kWh | Environ 26 € | Environ 2,20 € |
| 8 000 kWh | Environ 48 € | Environ 4 € |
Ces montants ne sont pas des simulations individuelles. Ils résultent de l’application de la hausse moyenne de 5,98 euros par mégawattheure à différents volumes de consommation en métropole continentale. La facture réelle dépend aussi de l’abonnement, de la puissance du compteur et de l’option tarifaire.
Réseaux et capacité expliquent l’essentiel du mouvement
La hausse proposée ne vient pas d’un seul poste. L’augmentation des tarifs d’utilisation des réseaux publics contribuerait à hauteur de 1,14 point au mouvement toutes taxes comprises. Le nouveau mécanisme de capacité, qui rémunère la disponibilité de moyens mobilisables lorsque le système électrique est sous tension, ajouterait 1,73 point.
Ces deux hausses seraient partiellement compensées par la baisse des coûts commerciaux et de ceux liés aux certificats d’économies d’énergie, pour un effet de moins 0,32 point. La rémunération de l’activité de fourniture ajouterait parallèlement 0,07 point.
L’accise sur l’électricité doit également diminuer de 30,85 à 30,62 euros par mégawattheure pour les puissances ne dépassant pas 36 kilovoltampères. Son effet, estimé à moins 0,10 point sur le tarif moyen TTC, reste trop faible pour neutraliser les autres mouvements. La baisse d’une taxe ne conduit donc pas nécessairement à une diminution de la facture totale.
Pourquoi chaque facture n’augmentera pas exactement de 2,5 %
Les tarifs réglementés comprennent une part fixe, correspondant à l’abonnement, et une part variable liée à la consommation. Leur évolution dépend de la puissance souscrite et du barème associé à l’option Base, heures pleines-heures creuses ou Tempo. La moyenne de 2,5 % ne peut donc pas être appliquée mécaniquement au montant total de chaque facture.
Les annexes de la délibération de la CRE contiennent déjà les barèmes proposés. Ceux-ci ne constituent toutefois pas encore les tarifs juridiquement applicables. Le Code de l’énergie encadre la procédure de fixation des tarifs, tandis que la CRE recommande que les nouveaux barèmes fassent chacun l’objet d’un arrêté spécifique.
Au 18 juillet 2026, le régulateur présente toujours le mouvement comme une proposition ayant vocation à s’appliquer le 1er août. L’analyse chiffrée concerne principalement la métropole continentale. Dans les zones non interconnectées, notamment certains territoires ultramarins, la fiscalité et la structure de plusieurs options diffèrent.
Heures creuses à 3 kVA : une possibilité, pas une économie garantie
La CRE propose également d’ouvrir l’option heures pleines-heures creuses aux clients résidentiels disposant d’une puissance de 3 kilovoltampères. Selon son estimation, environ 60 % des clients actuellement en option Base à cette puissance auraient intérêt à changer d’option sans modifier leurs habitudes. Ils ne seraient plus que 10 % à y trouver un intérêt s’ils devaient en même temps passer à une puissance de 6 kVA.
Cette estimation repose sur les profils de consommation retenus par la CRE. Elle ne signifie pas que 60 % des clients réaliseront automatiquement une économie. Le résultat dépend de la répartition de la consommation, du montant de l’abonnement et de l’écart entre les prix des heures pleines et des heures creuses.
Un chauffe-eau programmé, certains appareils électroménagers ou la recharge d’un véhicule peuvent faciliter le déplacement des usages vers les heures creuses. Une simulation personnalisée reste toutefois nécessaire pour vérifier quelle option est réellement la moins coûteuse.
La proposition crée aussi un abonnement Tempo distinct pour la puissance de 24 kVA, jusqu’ici alignée sur celui de 30 kVA. Cette modification concerne principalement les foyers ayant des besoins électriques élevés.
Tarif réglementé, prix fixe ou indexé : ce qui peut changer
Les clients au tarif réglementé seraient directement concernés si les barèmes étaient adoptés. Une offre de marché indexée sur le tarif réglementé suivrait généralement son évolution selon la formule inscrite dans le contrat. Une remise en pourcentage peut continuer à s’appliquer, mais sur une référence devenue plus élevée.
Pour une offre à prix fixe, il faut vérifier la portée exacte de la garantie. Certains contrats bloquent seulement la part énergie, tandis que l’acheminement, l’abonnement ou la fiscalité peuvent encore évoluer. La mention « prix fixe » ne garantit donc pas toujours que le montant total de la facture restera inchangé.
Les offres indexées sur les marchés de gros ou sur une autre référence ne suivent pas automatiquement les tarifs réglementés. Pour comparer deux contrats, il faut utiliser la même consommation annuelle et examiner le coût total TTC, l’abonnement, la formule d’évolution et les éventuels services facturés.
Une mensualité peut reposer sur une estimation et donner lieu à une régularisation. Elle ne suffit donc pas, à elle seule, pour déterminer quelle offre est la moins chère.
Ce qu’il faut vérifier avant de changer d’offre ou d’option
Il n’est pas nécessaire de changer de contrat uniquement en réaction à la proposition de la CRE. Il est en revanche possible de comparer dès maintenant son contrat avec les offres disponibles, puis de refaire le calcul lorsque les barèmes définitifs auront été publiés.
Quatre informations doivent être relevées sur la facture ou dans l’espace client :
- la consommation des douze derniers mois ;
- la puissance souscrite ;
- l’option tarifaire ;
- la formule d’évolution du prix.
Un client en offre indexée doit identifier la référence utilisée par son fournisseur. Avec un prix fixe, il faut repérer les composantes qui peuvent encore varier.
Les clients en Base avec une puissance de 3 kVA devront comparer les deux options au cas par cas si l’ouverture des heures creuses est confirmée. Le Médiateur national de l’énergie met à disposition une calculette gratuite fondée sur la puissance et la répartition réelle de la consommation.
Pour les particuliers, changer de fournisseur est gratuit. L’opération n’entraîne ni coupure d’électricité ni remplacement du compteur. Le bon arbitrage consiste à comparer le coût annuel avec une consommation identique, sans se fier uniquement à une mensualité ou à la mention « prix fixe ».
La proposition de la CRE représente une hausse limitée dans son exemple moyen, mais elle concerne une dépense contrainte. Vérifier dès maintenant la formule de son contrat permettra de savoir quelles données comparer lorsque les tarifs définitifs seront publiés.

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