Électricité : vers une hausse moyenne de 2,5 % des tarifs réglementés

Électricité : vers une hausse moyenne de 2,5 % des tarifs réglementés
La CRE propose une hausse moyenne de 2,5 % des tarifs réglementés de l’électricité, avec un impact variable selon la consommation et le contrat.

La hausse moyenne de 2,5 % toutes taxes comprises des tarifs réglementés de vente de l’électricité est appliquée depuis le 1er août 2026. Pour un foyer consommant 4 500 kilowattheures par an, l’exemple publié par la Commission de régulation de l’énergie correspond à 26 euros supplémentaires sur une année complète. Cet ordre de grandeur varie selon la puissance souscrite, l’option tarifaire et le contrat du client.

Une facture portée de 1 046 à 1 072 euros dans l’exemple de la CRE

Pour les tarifs bleus résidentiels, la délibération présentée par la CRE avant l’entrée en vigueur chiffrait la progression moyenne à 2,51 %, soit 5,98 euros supplémentaires par mégawattheure. L’évolution moyenne annoncée pour les petits professionnels était de 2,35 %.

Le régulateur illustre l’effet du barème avec un ménage consommant 4,5 mégawattheures par an, soit 4 500 kWh. Sur une année complète aux nouveaux tarifs, sa facture annuelle de référence passe de 1 046 à 1 072 euros, une différence de 26 euros.

Ce montant correspond à une année complète d’application. Pour 2026, le supplément ne porte que sur la période ouverte depuis le 1er août. La consommation électrique étant souvent plus élevée en hiver, une division uniforme des 26 euros entre les douze mois ne permet pas d’estimer précisément l’écart propre à chaque foyer.

Au 31 mars 2026, 19,37 millions de clients résidentiels disposaient d’un contrat au tarif réglementé en France métropolitaine continentale.

La progression de 5,98 euros par mégawattheure donne un ordre de grandeur différent selon la quantité d’électricité consommée. À 2 000 kWh annuels, l’écart représente environ 12 euros sur un an. À 8 000 kWh, il approche 48 euros. Ces calculs illustratifs portent uniquement sur la variation moyenne annoncée et ne constituent pas des simulations individuelles de facture.

Réseaux et mécanisme de capacité concentrent l’essentiel de la hausse

La progression moyenne résulte de plusieurs composantes du tarif. L’évolution des tarifs d’utilisation des réseaux publics contribue à hauteur de 1,14 point à la variation TTC présentée par la CRE.

Le nouveau mécanisme de capacité pèse davantage, avec une contribution de 1,73 point dans la décomposition publiée. Ce dispositif rémunère la disponibilité de moyens de production ou d’effacement mobilisables lorsque l’équilibre du système électrique devient plus tendu.

D’autres postes évoluent dans le sens opposé. La diminution des coûts commerciaux et de ceux associés aux certificats d’économies d’énergie retranche 0,32 point dans cette décomposition. La rémunération de l’activité de fourniture ajoute parallèlement 0,07 point.

L’accise sur l’électricité est passée de 30,85 à 30,62 euros par mégawattheure pour les puissances inférieures ou égales à 36 kilovoltampères. Cette baisse fiscale réduit le mouvement moyen d’environ 0,10 point, un effet insuffisant pour compenser les augmentations provenant des autres composantes.

Une moyenne de 2,5 % qui ne s’applique pas uniformément aux factures

Les tarifs réglementés associent une part fixe, correspondant notamment à l’abonnement, et une part variable dépendant de la consommation. Les barèmes diffèrent également selon la puissance souscrite et l’option choisie, qu’il s’agisse de Base, heures pleines-heures creuses ou Tempo.

Deux foyers présentant la même consommation annuelle ne paieront donc pas nécessairement le même supplément. Leur répartition des usages, leur puissance de compteur et leur option tarifaire modifient le résultat.

Les annexes de la délibération de la CRE détaillent les barèmes proposés avant l’entrée en vigueur. Pour vérifier sa situation depuis le 1er août, le client doit rapprocher la puissance et l’option figurant sur sa facture du barème effectivement communiqué par son fournisseur.

La procédure de fixation est encadrée par le Code de l’énergie. La CRE recommande que les nouveaux barèmes fassent chacun l’objet d’un arrêté spécifique.

Au 31 août 2026, la hausse moyenne est appliquée depuis un mois. Les données analysées concernent principalement la France métropolitaine continentale. La fiscalité et certaines options tarifaires diffèrent dans les zones non interconnectées, notamment dans plusieurs territoires ultramarins.

Les heures creuses pourraient être ouvertes aux compteurs de 3 kVA

La CRE propose également de rendre l’option heures pleines-heures creuses accessible aux particuliers disposant d’une puissance souscrite de 3 kVA.

D’après ses estimations, environ 60 % des clients actuellement en option Base à cette puissance auraient financièrement intérêt à changer d’option sans modifier leurs habitudes de consommation. La proportion tomberait à 10 % lorsqu’un passage simultané de 3 à 6 kVA serait nécessaire.

Ces résultats sont fondés sur les profils de consommation utilisés par le régulateur. L’intérêt de l’option dépend notamment du volume d’électricité utilisé pendant les plages creuses et du niveau de l’abonnement correspondant à la puissance retenue.

Un logement équipé d’un chauffe-eau programmable, d’appareils pouvant fonctionner à des horaires décalés ou d’un véhicule électrique rechargeable durant les heures creuses présente davantage de possibilités de déplacer sa consommation. L’économie dépend néanmoins du profil individuel et du barème appliqué.

La proposition prévoit également un abonnement Tempo propre à la puissance de 24 kVA, alors que son montant était jusqu’ici aligné sur celui de 30 kVA. Cette évolution vise principalement des foyers ayant des besoins électriques importants.

Une offre à prix fixe n’écarte pas toutes les augmentations

Les clients restés au tarif réglementé sont directement concernés par les nouveaux barèmes. Les titulaires d’une offre de marché indexée sur le tarif réglementé voient généralement leur prix suivre la même référence, selon la formule inscrite dans leur contrat.

Une remise exprimée en pourcentage peut continuer à s’appliquer après une hausse, mais elle porte alors sur une référence tarifaire plus élevée.

Les offres à prix fixe répondent à une logique différente. La garantie peut porter uniquement sur le prix de l’énergie et laisser évoluer d’autres éléments, notamment l’acheminement ou la fiscalité. La CRE détaille les différences entre ces formules dans sa présentation du niveau de certitude des offres d’énergie.

Les contrats indexés sur les marchés de gros ou sur une autre référence ne reproduisent pas nécessairement l’évolution du tarif réglementé. Comparer uniquement le montant d’une mensualité risque également d’être trompeur : celle-ci peut reposer sur une estimation de consommation et conduire ensuite à une régularisation.

Le contrat et les douze derniers mois de consommation permettent de comparer les options

Une comparaison pertinente repose d’abord sur la consommation enregistrée au cours des douze derniers mois, la puissance souscrite et l’option tarifaire inscrites au contrat. Pour une offre de marché, la formule utilisée pour réviser le prix constitue également une donnée déterminante.

Les clients bénéficiant d’un tarif fixe doivent identifier précisément les composantes couvertes par cette garantie. Avec un contrat indexé, la référence prévue dans les conditions tarifaires permet de savoir si une évolution du tarif réglementé sera répercutée.

Les titulaires d’un compteur de 3 kVA en option Base peuvent vérifier si l’option heures pleines-heures creuses figure désormais dans le barème qui leur est proposé. Le Médiateur national de l’énergie met à disposition une calculette de comparaison entre Base et heures pleines-heures creuses, fondée notamment sur la puissance et la répartition de la consommation.

Pour les particuliers, un changement de fournisseur d’électricité est gratuit et n’entraîne ni coupure d’alimentation ni remplacement du compteur. La vérification utile consiste désormais à comparer la facture reçue depuis le 1er août avec la puissance, l’option et la formule d’indexation du contrat, plutôt qu’à attendre la confirmation d’une hausse déjà entrée en vigueur.

Pour isoler ce qui provient de l’acheminement dans cette hausse globale, notre analyse du coût des réseaux détaille le TURPE et le distingue de la capacité, de la fiscalité et du prix de fourniture.

Économiste de formation, diplômé d’un Master en Économie de l’Entreprise et des Marchés par l'Université Sorbonne Paris Nord. Mon parcours professionnel a été façonné par la grande distribution et par une expérience au sein de l’Institut National de la Consommation.

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