Une proposition portée par Boris Tavernier, député EcoS du Rhône, vise à garantir l’accès à un panier de produits alimentaires favorables à la santé, vendus à prix coûtant dans les grandes enseignes. Rien ne change encore en caisse : la mesure n’est pas adoptée et aucun nouveau prix ne s’applique aujourd’hui. Pour les consommateurs, l’enjeu sera surtout de vérifier la future liste officielle, le calcul du prix coûtant de ces produits sains, les magasins concernés et les contrôles prévus.
Une proposition, pas une baisse déjà visible en supermarché
Aucun prix ne change aujourd’hui dans les rayons. Cette précision évite une confusion importante : il ne s’agit pas d’une opération déjà appliquée en caisse, mais d’une initiative parlementaire soutenue par plusieurs associations. Dans un communiqué publié le 8 juillet 2026, Familles Rurales indique qu’une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale pour garantir l’accès à un panier diversifié de denrées alimentaires favorables à la santé, vendues à prix coûtant. Selon l’association, ce texte prévoit que les grandes enseignes rendent disponible de manière permanente un panier de produits recommandés par le Programme national nutrition santé, sans transférer le coût aux producteurs agricoles ni aux petites et moyennes entreprises fournisseurs.
L’espace presse de l’Assemblée nationale confirme séparément qu’une conférence de presse de Boris Tavernier était prévue le mercredi 8 juillet à 9 h 30 pour présenter une proposition de loi visant à garantir l’accès à ce panier diversifié de denrées alimentaires favorables à la santé et vendues à prix coûtant. Cette confirmation établit la présentation parlementaire du texte, mais le détail juridique complet devra être vérifié dans les documents de la proposition de loi.
La conséquence pratique est donc simple : il ne faut pas attendre une baisse immédiate lors des prochaines courses. Avant tout effet en magasin, le texte devra suivre son parcours parlementaire, être éventuellement amendé, voté, puis traduit en obligations précises pour les distributeurs. À ce stade, les sources utilisées ne permettent pas d’établir un calendrier d’examen parlementaire.
Quels produits pourraient être concernés selon la liste associative ?
Une liste indicative de 100 produits prioritaires a été publiée par les associations. Elle ne vaut pas liste officielle applicable en magasin, mais elle donne une idée concrète des familles de produits visées. Le document précise que les exemples de produits sont donnés « à titre indicatif, illustratif » et répartit le panier en trois blocs : 37 produits dans la catégorie PNNS « à augmenter », 35 produits dans la catégorie « aller vers » et 28 autres produits pour lesquels aucun repère particulier de consommation n’est établi dans cette liste.
| Famille de produits | Nombre dans la liste associative | Exemples issus de la liste ou de ses catégories | Point à vérifier si la mesure est adoptée |
|---|---|---|---|
| Fruits et légumes frais | 13 | carottes, poireaux, courges, pommes, poires, kiwis | saison, origine, prix au kilo |
| Fruits et légumes en conserve ou surgelés non transformés | 12 | tomates, haricots verts, épinards, petits pois, maïs | préparation non cuisinée, sel ou sucre ajouté |
| Fruits à coque sans sel ajouté | 4 | noix, noisettes, amandes, pistaches | vrac ou sachet, prix au kilo |
| Légumineuses | 8 | lentilles, pois chiches, pois cassés, haricots rouges ou blancs | sec, conserve, poids net égoutté |
| Produits céréaliers | 17 | pain, pâtes, riz, semoule, farine, quinoa | complet, semi-complet ou raffiné |
| Produits laitiers | 10 | lait demi-écrémé, yaourt nature, fromage blanc | non sucré, sans édulcorant, prix au litre ou au kilo |
| Huiles | 5 | huile d’olive, huile de colza, huile de noix | volume, origine, prix au litre |
| Poissons et fruits de mer | 3 | moules, sardines, maquereau, hareng | frais, conserve ou surgelé, origine |
| Produits pour bébé | 8 | lait en poudre, lait de croissance, purées | âge concerné, composition, format |
Ce tableau montre pourquoi la future liste sera décisive. Un panier composé de lentilles, de riz, de légumes, de yaourts nature, d’huiles simples et de poissons en conserve n’aurait pas le même intérêt qu’une liste difficile à trouver, limitée à certains formats ou concentrée sur des références peu disponibles. Cette liste reste associative : elle ne préjuge pas de la liste officielle qui serait retenue si le texte était adopté.
Pourquoi le PNNS sert de référence
Le Programme national nutrition santé ne se limite pas à une recommandation générale du type « manger équilibré ». Le site public Manger Bouger distingue notamment les aliments à augmenter, ceux vers lesquels aller et ceux à réduire. Les repères publics mettent en avant les fruits et légumes, les légumes secs, les fruits à coque non salés, le fait maison, les féculents complets, les poissons gras et maigres en alternance, certaines huiles comme colza, noix et olive, ainsi que les produits laitiers.
Pour un foyer qui achète chaque semaine des féculents, des légumes, des produits laitiers simples et quelques protéines, l’intérêt dépendrait du prix au kilo, du format et de la disponibilité réelle. Si des aliments simples devenaient plus accessibles, le panier hebdomadaire pourrait être plus facile à construire sans dépendre uniquement des promotions. Mais vendre certains produits moins cher ne garantit pas, à lui seul, une alimentation équilibrée : tout dépendra des quantités, des habitudes de cuisine, du reste du panier et du budget disponible.
Prix coûtant, promotion ou avantage fidélité : trois notions à ne pas confondre
Le prix coûtant ne doit pas être confondu avec une promotion classique. Une remise peut être limitée à quelques jours, conditionnée à une carte fidélité, à l’achat de plusieurs produits ou à un avantage différé. Le prix coûtant, tel qu’il est défendu par les associations, viserait plutôt un panier permanent sur lequel le distributeur renoncerait à une marge bénéficiaire.
| Mécanisme | Effet pour le client | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Prix coûtant | prix censé refléter un coût sans marge bénéficiaire | méthode de calcul et contrôle |
| Remise immédiate | baisse visible en caisse | prix de référence, durée, stock |
| Cagnotte ou avantage fidélité | avantage utilisable plus tard | ce n’est pas le prix payé immédiatement |
| Panier encadré par un texte | sélection de produits imposée ou organisée | liste finale, enseignes concernées, sanctions |
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes rappelle qu’il est interdit de revendre un produit en l’état à un prix inférieur à son prix d’achat effectif. Ce prix correspond au prix unitaire net sur facture, corrigé notamment des avantages financiers, des taxes et du transport. Pour les denrées alimentaires, ce prix d’achat effectif est affecté d’un coefficient de 1,10 jusqu’au 15 avril 2028. Les manquements peuvent être sanctionnés par une amende pouvant atteindre 0,4 % du chiffre d’affaires annuel hors taxes réalisé en France lors du dernier exercice clos.
Ce rappel change la lecture de la proposition. Un prix coûtant n’est pas seulement un prix « très bas ». Il faudra savoir quel coût sert de référence, si les frais de transport et de logistique sont intégrés, comment les remises fournisseurs sont prises en compte et qui vérifiera que l’enseigne ne compense pas ailleurs.
Prix, formats, disponibilité : les vraies conditions d’un effet sur le panier
Si la mesure était adoptée avec des règles claires, elle pourrait créer un repère stable en magasin. Pour un ménage qui achète chaque semaine des légumes, des féculents, des produits laitiers simples, des légumineuses ou des conserves de poisson, l’intérêt serait de comparer plus facilement des produits de base sans dépendre uniquement des promotions temporaires.
Un exemple simple permet de mesurer l’enjeu sans promettre d’économie. Si un produit vendu 2,50 euros comportait une marge commerciale de 10 %, retirer cette marge représenterait théoriquement 25 centimes. Mais ce calcul est seulement pédagogique : il ne dit rien du prix d’achat effectif, du transport, des taxes, du coefficient applicable ni des règles qui seraient inscrites dans la loi. C’est précisément pourquoi la transparence du calcul sera aussi importante que la liste des produits.
Le principal risque serait un effet de compensation. Une enseigne pourrait renoncer à une marge sur certains produits tout en cherchant à préserver sa rentabilité sur d’autres rayons. Les associations affirment que le dispositif ne doit pas transférer le coût vers les producteurs agricoles ni les petites et moyennes entreprises fournisseurs. Cette garantie devra être vérifiable dans le texte final et dans les contrôles.
Avant de regarder les étiquettes, les points à surveiller
À ce stade, la bonne décision pour les consommateurs est de ne pas modifier leurs achats en pensant qu’une baisse est déjà acquise. La mesure reste une proposition. Si elle avance au Parlement, plusieurs points devront être surveillés : la liste officielle, les formats concernés, le prix au kilo ou au litre, la place des marques distributeurs, l’application au drive, aux magasins franchisés, aux supermarchés de proximité et aux territoires ultramarins.
Ne pas confondre prix payé et avantage différé
Un prix coûtant réellement utile au consommateur devrait être affiché de manière compréhensible et permettre une comparaison immédiate. Une cagnotte, un bon d’achat ou un avantage différé peuvent être intéressants, mais ils ne produisent pas le même effet sur le budget du jour.
Ce qui est sûr, ce qui reste flou
Rien ne change aujourd’hui en caisse. La liste associative donne une base de discussion, pas une liste officielle applicable en magasin. Le prix au kilo ou au litre restera indispensable pour savoir si le dispositif est réellement intéressant. Aujourd’hui, aucune décision d’achat ne change. Le sujet deviendra vraiment pratique seulement si le texte est adopté, si la liste officielle est claire et si les prix sont contrôlés.

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