Faux SMS de « fichage Banque de France » : les signes qui doivent alerter

Faux SMS de « fichage Banque de France » : les signes qui doivent alerter
Un message qui semble officiel peut parfois cacher une tentative de fraude.

La Banque de France alerte sur des SMS et messages instantanés qui annoncent un prétendu fichage et exigent une réaction urgente. Leur objectif peut être de récupérer des données personnelles ou bancaires, d’obtenir un paiement ou de prendre le contrôle d’un compte. Une inscription réelle au FICP ou au FCC se vérifie gratuitement par les canaux officiels, jamais à partir du lien ou du numéro indiqué dans le message.

Une fausse urgence destinée à faire baisser la vigilance

L’alerte publiée le 12 juin 2026 vise des messages du type « Fichage auprès de la Banque de France, contactez-nous d’urgence », ainsi que leurs variantes. Le scénario repose sur un ressort simple : faire croire qu’un incident bancaire grave est déjà enregistré et qu’une action immédiate permettrait d’éviter un blocage, une interdiction ou une sanction.

Le destinataire peut être invité à rappeler un numéro, à ouvrir un lien, à confirmer son identité ou à transmettre des coordonnées bancaires. La Banque de France précise qu’elle n’envoie jamais de SMS alarmant demandant de rappeler un numéro ou de communiquer des informations sensibles. Elle ne chiffre toutefois pas, dans son alerte, le nombre de messages diffusés, de victimes ou le montant des préjudices constatés.

Le nom affiché comme expéditeur ne suffit pas à authentifier le message. Le critère décisif est la nature de la demande : urgence imposée, paiement à effectuer, mot de passe, code de validation, numéro de carte ou lien vers un site présenté comme officiel. Un message correctement rédigé peut être frauduleux. L’adresse du site, le canal utilisé et les informations réclamées sont plus révélateurs que l’orthographe.

Vous avez reçu, ouvert ou renseigné le message : que faire maintenant ?

La conduite à tenir dépend de ce qui a déjà été fait.

Si le SMS a seulement été reçu, ne répondez pas, ne rappelez pas le numéro et n’ouvrez pas le lien. Conservez une preuve, par exemple une capture d’écran, puis utilisez la plateforme officielle pour signaler le message au 33700. Une fois le signalement effectué, supprimez-le afin d’éviter un clic accidentel.

Si le lien a été ouvert sans saisie d’information, fermez la page. Vérifiez qu’aucun fichier ou aucune application n’a été téléchargé et ne validez aucune demande d’installation. Le simple affichage d’une page n’entraîne pas systématiquement une fraude, mais toute action supplémentaire augmente le risque.

Si un mot de passe a été transmis, il faut modifier immédiatement les mots de passe compromis, ainsi que ceux des autres comptes sur lesquels le même identifiant était utilisé. La messagerie électronique doit être sécurisée en priorité, car son contrôle peut permettre de réinitialiser de nombreux autres accès.

Si des données bancaires, un code de validation ou des identifiants de banque en ligne ont été communiqués, contactez immédiatement votre banque depuis son application officielle, son site habituel ou le numéro figurant sur la carte. L’établissement pourra déterminer s’il faut bloquer l’accès, réinitialiser les identifiants ou faire opposition. En présence d’opérations inconnues, conservez les relevés et les messages, puis signalez les faits ou déposez plainte selon la situation.

Exemple concret : une personne vient de connaître un rejet de prélèvement et reçoit, quelques jours plus tard, un SMS évoquant un « fichage Banque de France ». Le contexte rend le message crédible, mais le bon réflexe reste identique : ne pas utiliser le numéro transmis et vérifier séparément auprès de sa banque ou de la Banque de France.

FICP, FCC et FICOBA : trois fichiers souvent confondus

L’expression courante « fiché Banque de France » recouvre des réalités différentes. Une inscription n’interdit pas automatiquement de posséder un compte bancaire.

Fichier Ce qu’il recense Conséquence principale Durée possible Où vérifier
FICP Incidents de remboursement de crédits, certains découverts et dossiers de surendettement Peut peser sur l’examen d’une nouvelle demande de crédit Jusqu’à 5 ans pour un incident de crédit ; jusqu’à 7 ans pour certaines mesures de surendettement Banque de France
FCC Chèques sans provision, interdictions judiciaires d’émettre des chèques et certains retraits de carte bancaire Interdiction d’émettre des chèques en cas d’incident concerné Jusqu’à 5 ans pour une interdiction d’émettre des chèques ; 2 ans pour certains retraits de carte Banque de France
FICOBA Comptes bancaires et coffres-forts ouverts en France Aucun fichage pour incident : il s’agit d’un fichier de recensement Pendant la vie du compte et 10 ans après sa clôture Espace Finances publiques

Le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, ou FICP, recense notamment certains incidents de remboursement, certains découverts et les dossiers de surendettement. Tout découvert ponctuel ne suffit cependant pas à déclencher une inscription.

Pour un crédit sans échéance, comme un découvert, l’incident peut devenir déclarable lorsque la somme encore due atteint au moins 500 euros, soixante jours après une mise en demeure. L’établissement doit ensuite avertir son client, qui dispose de 30 jours pour régulariser avant l’inscription.

Le Fichier central des chèques, ou FCC, concerne notamment les chèques sans provision. Lorsqu’une interdiction bancaire est prononcée, elle porte sur le droit d’émettre des chèques, y compris depuis d’autres comptes au nom de la personne. Elle ne supprime pas le droit de détenir un compte bancaire.

Le Fichier national des comptes bancaires et assimilés, ou FICOBA, est géré par la Direction générale des finances publiques. Il répertorie les comptes et coffres ouverts en France, sans indiquer leur solde ni le détail des opérations. Sa consultation peut néanmoins être utile en cas de soupçon d’usurpation d’identité, afin de vérifier qu’aucun compte inconnu n’a été ouvert à son nom.

Un véritable incident ne disparaît pas contre le paiement de « frais de défichage »

Lorsqu’une inscription est réelle, la régularisation s’effectue auprès de l’établissement qui a déclaré l’incident, et non auprès d’un intermédiaire contacté par SMS. Pour un incident de crédit, il faut régler les sommes nécessaires à la régularisation. Pour un chèque sans provision, plusieurs solutions existent, par exemple approvisionner le compte pour permettre une nouvelle présentation ou régler directement le bénéficiaire en récupérant le chèque.

Après régularisation complète, l’établissement transmet la demande de radiation. Pour le FCC, il doit avertir la Banque de France au plus tard le deuxième jour ouvré suivant la régularisation de tous les chèques concernés. Pour un incident de crédit inscrit au FICP, la déclaration de paiement intégral doit être transmise au plus tard le quatrième jour ouvré. La Banque de France traite ensuite les demandes reçues.

Le paiement de prétendus « frais de déblocage » à une personne contactée par SMS ne constitue donc jamais une procédure normale de radiation. Un interlocuteur qui promet une suppression immédiate contre un virement ou la communication d’un numéro de carte doit être considéré avec la plus grande prudence.

En pratique : qui contacter selon votre situation ?

  • Pour signaler le SMS : utilisez le 33700, par transfert du message ou au moyen d’une capture d’écran.
  • Pour sécuriser une carte ou un compte : contactez immédiatement votre banque depuis ses canaux habituels.
  • Pour consulter le FICP ou le FCC : adressez-vous à la Banque de France en ligne, par courrier ou dans l’un de ses bureaux.
  • Pour consulter FICOBA : utilisez gratuitement votre espace personnel sur le site des Finances publiques.
  • En cas de fraude ou d’usurpation d’identité : conservez les preuves et consultez les démarches officielles en cas d’usurpation d’identité avant de déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.

Le 34 14, ouvert du lundi au vendredi de 8 heures à 18 heures, permet d’obtenir des informations générales auprès de la Banque de France. Les conseillers ne communiquent cependant pas par téléphone les données personnelles contenues dans les fichiers.

Pour accéder aux comptes recensés dans FICOBA, la demande s’effectue depuis l’espace personnel des Finances publiques, dans la rubrique consacrée aux autres services. En cas d’utilisation frauduleuse de données personnelles, les banques ou organismes financiers concernés doivent également être avertis.

La règle à retenir tient en trois gestes : ne rien faire depuis le SMS, vérifier séparément auprès de l’organisme officiel et contacter sans délai sa banque dès qu’une donnée sensible a été transmise.

Économiste de formation, diplômé d’un Master en Économie de l’Entreprise et des Marchés. Mon parcours professionnel a été façonné par la grande distribution et par une expérience au sein de l’Institut National de la Consommation. J’analyse pour CONSO Magazine les enjeux de consommation, les mutations microéconomiques, les innovations de produits et services, ainsi que les tendances, pratiques commerciales et réglementations qui influencent les habitudes d’achat et les droits des consommateurs.

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