L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a suspendu la commercialisation de cinq produits injectables présentés comme amaigrissants et vendus par Azentra et Synedica Laboratories. Deux décisions de police sanitaire, prises les 9 et 16 juillet 2026 puis publiées le 22 juillet, imposent également aux sociétés concernées d’organiser leur rappel. Les références visées ne disposent pas de l’autorisation de mise sur le marché requise pour garantir leur qualité, leur efficacité et leur sécurité.
Azentra et Synedica Laboratories doivent retirer cinq références
La première décision concerne trois kits commercialisés par Synedica Laboratories. La seconde vise deux produits commercialisés par AZRL LTD sous la marque Azentra.
Les cinq références revendiquent la présence de rétatrutide, de tirzépatide ou de sémaglutide :
| Société | Produit mentionné par l’ANSM | Substance revendiquée |
|---|---|---|
| AZRL LTD | Azentra Retatrutide 40mg | Rétatrutide |
| AZRL LTD | Azentra FastPen | Rétatrutide |
| Synedica Laboratories | Retatrutide 40mg Injection Pen Kit | Rétatrutide |
| Synedica Laboratories | Tirzepatide 40mg Injection Pen Kit | Tirzépatide |
| Synedica Laboratories | Semaglutide 8mg Injection Pen Kit | Sémaglutide |
Les décisions de l’ANSM suspendent leur mise sur le marché, leur distribution, leur détention en vue de la vente, leur importation, leur exportation, leur exploitation et leur publicité. Ces interdictions resteront applicables jusqu’à une éventuelle mise en conformité avec la réglementation.
AZRL LTD et Synedica Laboratories doivent aussi récupérer les produits « dans les meilleurs délais », partout où ils se trouvent, et informer les personnes ou entreprises susceptibles d’en détenir.
La publication de ces décisions ne permet pas de déterminer l’avancement effectif des rappels. L’ANSM ne donne ni nombre d’unités récupérées, ni nombre d’acheteurs contactés, ni bilan des pages de vente supprimées.
Les documents administratifs ne comportent pas non plus les éléments habituellement associés à une fiche de rappel grand public, tels qu’une liste de lots, une période précise de commercialisation ou une procédure de remboursement. Les décisions imposent bien un retrait et un rappel aux entreprises, mais elles ne prévoient pas de mécanisme standardisé d’indemnisation des acheteurs.
Les promesses minceur font entrer ces produits dans le champ du médicament
Les sites concernés présentaient les stylos et kits injectables avec des promesses liées notamment à la perte de poids, au contrôle de l’appétit ou à la glycémie. Pour l’ANSM, leur présentation et les effets physiologiques ou thérapeutiques revendiqués correspondent à la définition d’un médicament.
La décision visant Azentra mentionne aussi l’expression « Research Use Only », traduite par « réservé à la recherche ». Cette mention côtoyait pourtant une présentation des produits permettant leur auto-administration.
Aucune des cinq références ne bénéficie de l’autorisation de mise sur le marché nécessaire. Cette procédure sert notamment à évaluer la qualité pharmaceutique, l’efficacité et la sécurité d’un médicament avant sa commercialisation.
Des agonistes du GLP-1 autorisés sont prescrits dans certaines prises en charge du diabète de type 2, de l’obésité ou du surpoids associé à des complications. Ils suivent un circuit entièrement différent de celui des produits visés par les décisions de juillet : délivrance par une pharmacie et prescription lorsqu’elle est requise.
L’ANSM rappelle dans son alerte consacrée aux agonistes du GLP-1 contrefaits que la vente sur Internet de ces médicaments soumis à prescription est interdite en France.
Une annonce proposant directement du sémaglutide, du tirzépatide ou une substance présentée comme équivalente sur un site marchand ou un réseau social se situe donc en dehors du circuit légal français. Une livraison depuis un pays européen, un conditionnement ressemblant à celui d’un médicament ou un paiement sécurisé ne modifient pas le statut réglementaire du produit.
Dix sites marchands et des patchs analysés par les laboratoires de l’ANSM
Les cinq produits retirés s’inscrivent dans une surveillance plus large des offres amaigrissantes commercialisées sur Internet. L’ANSM indiquait avoir identifié dix sites marchands faisant la promotion de produits présentés comme des agonistes du GLP-1.
Ses laboratoires ont notamment analysé des patchs annoncés comme contenant du sémaglutide. Les analyses n’ont retrouvé ni sémaglutide ni autre substance à visée amaigrissante dans les produits testés.
Ces patchs ne figurent pas parmi les cinq références Azentra et Synedica faisant l’objet des décisions de juillet. Les résultats apportent néanmoins une information importante sur les achats effectués hors du circuit pharmaceutique : la composition annoncée par un vendeur en ligne ne permet pas, à elle seule, d’établir la composition du produit reçu.
L’absence de la substance revendiquée n’écarte pas les autres risques. Le dosage, la stérilité, les ingrédients non déclarés et les conditions de fabrication restent inconnus lorsque le produit provient d’un circuit illégal.
L’Agence européenne des médicaments avertit également que des produits vendus illégalement comme des agonistes du GLP-1 peuvent ne pas contenir la substance annoncée ou renfermer d’autres composés à des concentrations dangereuses. L’autorité européenne mentionne notamment des risques d’effets indésirables inattendus, d’interactions médicamenteuses et d’échec du traitement attendu.
Des hospitalisations rapportées après l’utilisation de « peptides » frauduleux
Une autre alerte de l’ANSM fait état de plusieurs signalements concernant des « peptides » vendus en ligne, notamment des produits présentés comme contenant du rétatrutide. Certaines personnes ont dû être hospitalisées après leur utilisation.
L’agence ne relie pas ces hospitalisations aux références Azentra et Synedica retirées en juillet. Aucun rapprochement entre ces cas et les cinq produits concernés par les deux décisions ne peut donc être établi à partir des informations publiées.
Parmi les problèmes de santé rapportés ou redoutés figurent des troubles digestifs, une déshydratation, des malaises, une atteinte hépatique, une infection au point d’injection ou une réaction allergique sévère. Un produit injectable provenant d’un circuit non contrôlé ajoute également des inconnues sur sa concentration, son dosage et sa stérilité.
Ces alertes ne démontrent pas qu’une substance toxique précise serait présente dans chacune des cinq références retirées. Le motif commun établi par les décisions de police sanitaire reste l’absence d’autorisation et des garanties réglementaires associées à un médicament autorisé.
Le logo européen doit renvoyer vers une pharmacie enregistrée
L’Agence européenne des médicaments rapporte l’identification de centaines de faux profils, publicités et annonces commerciales liés à des médicaments illégaux dans l’Union européenne. Certains vendeurs utilisent de faux témoignages ou reproduisent des logos institutionnels pour donner une apparence officielle à leur offre.
Pour les médicaments dont la vente en ligne est légalement possible en France, le site doit dépendre d’une officine habilitée. L’Ordre national des pharmaciens publie le registre des pharmacies autorisées à vendre des médicaments sur Internet.
Le site doit notamment permettre d’identifier le pharmacien responsable et l’officine. Le logo européen affiché sur les pages consacrées aux médicaments doit être cliquable et conduire vers l’inscription correspondante dans le registre national. Une simple image du logo ne constitue pas une preuve d’autorisation.
Les mentions « For research use only », « Research Use Only », « Réservé à la recherche » ou « Not for human use » constituent un autre indicateur déterminant pour les produits injectables : elles désignent des produits qui ne sont pas destinés à être administrés à une personne.
Produit déjà commandé ou injecté, les démarches indiquées par l’ANSM
Un acheteur disposant encore d’un produit non utilisé visé par ces alertes peut conserver son emballage, sa facture ainsi que les échanges avec le vendeur. L’ANSM recommande de ne pas l’utiliser et de le présenter à un médecin ou à un pharmacien en cas de doute.
Une annonce ou un site proposant illicitement ces produits peut être signalé sur la plateforme Pharos.
Après utilisation, l’ANSM demande de ne pas renouveler l’administration du produit. Un effet indésirable justifie une consultation auprès d’un professionnel de santé et peut être déclaré sur le portail officiel de signalement des événements sanitaires indésirables. Une détresse vitale relève des services d’urgence, joignables au 15 ou au 18.
Les décisions publiées le 22 juillet ne donnent pas le nombre d’acheteurs concernés, les volumes commercialisés ni les modalités d’un éventuel remboursement. Elles imposent en revanche aux deux sociétés le retrait et le rappel des cinq références jusqu’à une éventuelle mise en conformité avec la réglementation.

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