Les ventes d’habillement ont nettement reculé au début des soldes d’été 2026, tandis que la Banque de France observe un ralentissement des nouvelles hausses de prix dans les entreprises. Ces deux signaux pourraient laisser espérer une détente généralisée pour les consommateurs. Les données de l’Insee montrent pourtant une situation beaucoup plus contrastée : l’inflation reste positive et les ménages demeurent prudents dans leurs achats.
Les ventes d’habillement ont reculé de 7 % au début des soldes
La dernière enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France, publiée le 11 août, fait ressortir une faiblesse particulière dans l’habillement-textile-chaussure. L’institution estime que les ventes décevantes pendant les soldes d’été ont pu conduire des distributeurs à limiter leurs commandes, alors que les stocks restent supérieurs à leur niveau habituel.
La formulation mérite d’être conservée avec prudence : la Banque de France constate la faiblesse de l’activité et le niveau élevé des stocks, mais ne démontre pas que les soldes expliquent à eux seuls les réductions de commandes.
Les données du panel professionnel Retail Int., publiées par l’Alliance du Commerce, permettent toutefois de mesurer l’ampleur du ralentissement. Le chiffre d’affaires en magasin des enseignes d’habillement suivies a reculé de 6,5 % en juin par rapport à juin 2025. Sur les sept premiers jours des soldes, du 24 au 30 juin, la baisse atteint 7 %, tandis que la fréquentation des magasins diminue de 7,7 %. Les ventes en ligne reculent également de 1,6 % sur cette première semaine.
Ce panel regroupe plus de 70 enseignes représentant plus de 10 000 magasins. Il ne couvre donc pas l’intégralité du marché français, mais apporte un indicateur sectoriel suffisamment large pour confirmer que le début des soldes a été difficile. La forte chaleur qui a accompagné cette période a également pesé sur la fréquentation.
Il serait en revanche excessif d’en conclure que toutes les enseignes ou toutes les catégories de vêtements ont subi la même évolution.
Seulement 6 % des industriels prévoient encore une hausse des prix en août
La Banque de France apporte un deuxième signal concernant les prix. Son enquête repose sur environ 8 500 entreprises ou établissements, interrogés entre le 22 juillet et le 5 août sur leur activité de juillet et leurs perspectives immédiates.
Dans les trois grands secteurs de l’économie, 36 % des entreprises déclarent avoir augmenté leurs prix de vente au moins une fois entre mars et juillet, contre 20 % habituellement sur une période comparable.
Mais les nouvelles hausses deviennent moins fréquentes. Dans l’industrie, 13 % des entreprises ont relevé leurs prix en juillet et seulement 6 % prévoient de le faire en août, contre une moyenne historique de 10 % pour ce mois. À l’inverse, 2 % des industriels déclarent avoir baissé leurs prix en juillet.
Selon la Banque de France, ce reflux pourrait signifier qu’une grande partie de la transmission aux prix de l’augmentation des coûts de production intervenue au printemps a déjà eu lieu.
Cela ne signifie pas pour autant que les prix reviennent à leur niveau précédent.
Un produit passé de 100 à 105 euros au printemps puis maintenu à 105 euros pendant l’été n’enregistre plus de nouvelle hausse. Son prix reste pourtant supérieur de 5 euros à son niveau de départ. Voir moins d’entreprises relever leurs tarifs indique donc surtout que les augmentations deviennent moins fréquentes.
L’inflation atteint encore 2,1 %, avec de forts écarts selon les dépenses
Les premières estimations de l’Institut national de la statistique et des études économiques confirment cette distinction. Les prix à la consommation augmenteraient de 2,1 % sur un an en juillet, après 1,8 % en juin. Sur un mois, l’indice progresserait de 0,6 %. Ces chiffres restent provisoires jusqu’à la publication des résultats définitifs prévue le 14 août.
Les écarts entre postes de dépenses sont importants.
| Poste de consommation | Évolution estimée sur un an en juillet |
|---|---|
| Ensemble des prix | +2,1 % |
| Alimentation | +0,9 % |
| dont produits frais | +3,8 % |
| Énergie | +12,4 % |
| Produits manufacturés | -0,7 % |
| Services | +2,3 % |
Données provisoires de l’Insee.
Les produits manufacturés évoluent ainsi dans la direction opposée à l’énergie ou aux services. L’Insee indique notamment que leurs prix diminueraient sur un mois en juillet sous l’effet des soldes d’été.
Cette différence explique pourquoi deux ménages peuvent ressentir très différemment l’évolution des prix. Une personne dont les dépenses sont fortement concentrées sur l’énergie ou les services peut continuer à subir des hausses importantes alors même que certains vêtements ou équipements deviennent moins chers.
La confiance des ménages remonte à 86, toujours loin de sa moyenne
Les données portant directement sur les consommateurs complètent celles recueillies auprès des entreprises.
En juillet, l’indicateur de confiance des ménages calculé par l’Insee remonte de 84 à 86, tout en restant nettement inférieur à sa moyenne de longue période fixée à 100. L’enquête est menée chaque mois auprès d’environ 2 000 ménages ; pour cette édition, les réponses ont été recueillies du 25 juin au 20 juillet.
Le jugement porté sur l’opportunité de réaliser des achats importants progresse également de deux points, sans retrouver sa moyenne historique.
Les dernières données de l’Insee sur la consommation des ménages donnent une image comparable. En juin, les achats de biens des ménages ont augmenté de 0,4 % en volume sur un mois, mais ils sont restés quasiment stables sur l’ensemble du deuxième trimestre, à -0,1 %. Les dépenses d’habillement-textile ont, elles, reculé de 1,4 % en juin après une progression de 1,3 % en mai.
Les indicateurs ne montrent donc ni un effondrement de la consommation ni un véritable redémarrage généralisé. Les ménages restent sélectifs dans leurs achats.
Des stocks élevés ne garantissent pas de nouvelles démarques
Pour une personne qui envisage un achat d’habillement, le niveau élevé des stocks peut faire espérer de nouveaux rabais. Rien dans les données disponibles ne permet pourtant d’affirmer qu’une baisse généralisée des prix va suivre.
Une enseigne confrontée à des stocks importants peut renforcer certaines promotions, mais elle peut aussi réduire ses commandes futures, transférer des références vers d’autres canaux ou concentrer les remises sur une partie seulement de l’assortiment. La Banque de France ne prévoit pas une vague de déstockages : elle constate avant tout des stocks élevés et un ralentissement des commandes dans certaines activités.
Attendre uniquement parce que « les prix vont forcément encore baisser » n’est donc pas une stratégie garantie. Si un vêtement recherché est disponible dans la bonne taille et à un prix déjà jugé intéressant par comparaison avec des références équivalentes, les statistiques actuelles ne donnent aucune certitude qu’il sera moins cher quelques semaines plus tard.
À l’inverse, pour un achat sans urgence, surveiller les prix peut rester pertinent, notamment dans les enseignes confrontées à des stocks importants. Mais l’intérêt d’attendre dépendra du produit, des disponibilités et des politiques commerciales de chaque distributeur.
Les dernières données dessinent ainsi une situation beaucoup moins simple qu’une baisse générale du coût de la vie. Les nouvelles augmentations deviennent moins fréquentes dans les entreprises et l’habillement traverse une période de demande fragile, mais l’inflation reste positive et les écarts entre catégories de dépenses demeurent importants.
Une détente des hausses de prix n’est pas encore une baisse des prix, et des ventes faibles ne garantissent pas automatiquement de meilleures affaires dans les semaines suivantes.

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