Roole Data relevait le prix du gazole à 2,405 €/l le 19 septembre à 7 heures, contre 2,225 €/l un mois plus tôt. L’écart de 18 centimes représente 9 € supplémentaires pour 50 litres. Au même moment, le suivi gouvernemental faisait état de 11 % de stations confrontées à une difficulté d’approvisionnement, avec des situations très différentes selon les régions.
Dix-huit centimes de plus par litre depuis le 19 août
Le gazole a franchi les 2,40 €/l dans le relevé quotidien publié par Roole Data le 19 septembre. À 7 heures, la moyenne ressortait à 2,405 €/l, contre 2,175 €/l pour le SP95-E10 et 2,276 €/l pour le SP98. Roole établit ces moyennes à partir des données officielles transmises par les stations-service.
La comparaison avec le 19 août mesure mieux l’ampleur du mouvement récent. Ce jour-là, au même horaire, le même relevé situait le gazole à 2,225 €/l. En un mois, l’écart atteint donc 18 centimes, soit une progression d’environ 8,1 %.
La hausse était déjà visible la veille. Le 18 septembre, l’Agence France-Presse calculait une moyenne supérieure à 2,39 €/l à partir des prix renseignés par plus de 9 000 stations. Plus de 700 affichaient alors le gazole au-dessus de 2,50 €/l et environ 70 dépassaient 2,70 €/l, selon les données reprises par RTL avec l’AFP.
Le chiffre de 2,405 €/l reste distinct de la moyenne nationale hebdomadaire publiée par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC). Pour cette série officielle, les distributeurs transmettent leurs prix moyens nationaux pondérés par leurs volumes pour le vendredi précédent. La DGEC calcule ensuite une moyenne nationale pondérée par les parts de marché, publiée le lundi pour la France métropolitaine hors Corse, selon la méthodologie publiée par le ministère de la Transition écologique.
Le relevé quotidien donne donc une photographie plus immédiate des prix affichés, tandis que la série de la DGEC sert de référence pour suivre l’évolution hebdomadaire.
Un plein de 50 litres coûte 9 € de plus en un mois
L’écart de 18 centimes devient plus parlant lorsqu’il est appliqué à un passage à la pompe.
| Quantité de gazole | Prix avec 2,225 €/l | Prix avec 2,405 €/l | Écart |
|---|---|---|---|
| 40 litres | 89,00 € | 96,20 € | +7,20 € |
| 50 litres | 111,25 € | 120,25 € | +9,00 € |
| 60 litres | 133,50 € | 144,30 € | +10,80 € |
Sur un plein de 50 litres, chaque centime d’écart par litre représente 50 centimes sur la facture finale. Une différence de 10 centimes entre deux stations correspond ainsi à 5 € sur ce volume.
L’effet s’accumule également au fil des trajets. Un automobiliste parcourant 1 000 km par mois avec une voiture consommant 5,5 l/100 km utilise environ 55 litres de gazole. Avec le niveau relevé le 19 septembre, cette consommation revient à 132,28 €. Au prix du 19 août, la même quantité aurait coûté 122,38 €, soit près de 9,90 € de moins.
Ce calcul reste illustratif. Le kilométrage, la consommation du véhicule et le prix réellement affiché dans la station fréquentée modifient directement la dépense.
Une station en difficulté peut encore distribuer du carburant
Le prix n’est pas la seule donnée à avoir évolué. Le 19 septembre à 9 heures, Prix-carburants.gouv.fr indiquait que 89 % des stations suivies ne rencontraient aucune difficulté d’approvisionnement. Les 11 % restantes connaissaient donc une rupture sur au moins une des familles de carburants suivies.
Le périmètre du dispositif compte environ 9 900 stations distribuant du gazole ou de l’essence. Une station entre dans la catégorie « en difficulté » lorsqu’elle connaît une rupture de gazole et/ou d’essence. Pour cette dernière famille, la station n’est classée en rupture que si aucune des essences qu’elle commercialise, SP95-E10, SP95 ou SP98, n’est disponible.
Le taux de 11 % mesure ainsi des ruptures partielles ou complètes selon les carburants distribués, et non 11 % de stations totalement fermées. Une station privée de gazole peut continuer à vendre de l’essence. Les établissements temporairement fermés pour une raison sans rapport avec l’approvisionnement ne sont pas inclus dans ce calcul.
Au niveau national, le taux de stations en difficulté était déjà de 11 % le 18 septembre à 17 heures, contre 10 % le 17 septembre.
Le Grand Est atteint 16 % de stations en difficulté
Les écarts régionaux sont suffisamment marqués pour rendre la moyenne nationale peu représentative de certaines situations locales.
Au relevé du 19 septembre à 9 heures, le Grand Est affichait le taux le plus élevé avec 16 % de stations en difficulté. Les Pays de la Loire suivaient avec 15 %, puis l’Occitanie avec 14 %.
La Bretagne, le Centre-Val de Loire, la Normandie et la Nouvelle-Aquitaine atteignaient chacune 13 %. L’Auvergne-Rhône-Alpes et la Bourgogne-Franche-Comté se situaient à 11 %.
Les niveaux étaient plus faibles en Provence-Alpes-Côte d’Azur, à 8 %, ainsi que dans les Hauts-de-France et en Île-de-France, à 7 %. La Corse affichait 0 % dans ce relevé.
Ces pourcentages correspondent à la situation déclarée à une heure donnée. Les livraisons et les mises à jour effectuées par les exploitants peuvent modifier rapidement la carte des ruptures. La disponibilité des stations situées sur un trajet précis reste donc plus informative qu’un taux régional pris isolément.
Dix kilomètres de détour peuvent réduire fortement l’économie à la pompe
Les écarts entre stations justifient une comparaison, mais la distance supplémentaire mérite aussi d’entrer dans le calcul.
Avec 10 centimes de différence par litre, 50 litres achetés dans la station la moins chère permettent d’économiser 5 €. Si cette station impose un détour total de 10 km avec une voiture consommant 5,5 l/100 km, le trajet supplémentaire consomme environ 0,55 litre.
À 2,405 €/l, ces 0,55 litre coûtent environ 1,32 €. L’économie liée au prix inférieur tombe alors à 3,68 €, avant prise en compte du temps passé et de l’usure du véhicule.
L’intérêt devient beaucoup plus faible lorsque l’écart entre stations n’est que de trois centimes. Sur 50 litres, la différence représente 1,50 €. Quelques kilomètres effectués spécialement pour rejoindre la pompe la moins chère peuvent absorber cette somme.
Les comparaisons les plus avantageuses concernent donc d’abord les stations situées sur un trajet déjà prévu ou à faible distance. Le site officiel Prix-carburants.gouv.fr permet de consulter les tarifs déclarés par les exploitants et l’état de l’approvisionnement. Ces informations évoluant au cours de la journée, le prix affiché à la pompe et la disponibilité constatée au moment du passage restent les données décisives.

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