Une analyse publiée le 17 juin 2026 par UFC-Que Choisir porte sur 23 shampoings violets destinés aux cheveux blancs, gris, blonds ou décolorés. Plus de la moitié obtiennent une appréciation mauvaise ou médiocre sur le critère environnemental, contre moins d’un quart des shampoings classiques examinés par l’association. Les mentions « vegan », « naturel » ou « clean » présentes sur certains flacons renseignent sur des caractéristiques précises, sans suffire à évaluer l’ensemble de la formule.
Les shampoings violets occupent une place particulière au rayon capillaire. Leur fonction n’est pas seulement de laver les cheveux : les pigments violets ou bleutés qu’ils contiennent servent à neutraliser les reflets jaunes ou cuivrés susceptibles d’apparaître sur les cheveux blancs, gris, blonds, méchés ou décolorés.
Cette particularité ressort de l’analyse de 23 références publiée par UFC-Que Choisir le 17 juin 2026. Selon l’association, plus de la moitié des shampoings violets examinés sont jugés mauvais ou médiocres sur le critère environnemental. La proportion serait inférieure à un quart parmi les shampoings classiques, tandis que seulement 8 % des références violettes testées décrochent une appréciation bonne ou très bonne sur ce volet.
Les pigments déjaunissants pèsent dans l’évaluation environnementale
La différence tient notamment à la fonction colorante de ces produits. Un shampoing violet doit déposer suffisamment de pigments pour corriger visuellement les tonalités jaunes. UFC-Que Choisir relève que certains colorants utilisés dans les références examinées contribuent à dégrader leur appréciation environnementale.
Ces ingrédients sont ensuite évacués avec l’eau de rinçage. L’association s’intéresse donc à leur impact potentiel sur les milieux aquatiques, au-delà de l’efficacité cosmétique recherchée sur les cheveux.
Cette lecture évite de mettre tous les shampoings violets dans la même catégorie. Les résultats portent sur les 23 références étudiées par UFC-Que Choisir et ne constituent pas un classement de l’ensemble du marché. Ils montrent surtout que la fonction déjaunissante peut s’accompagner d’un profil environnemental moins favorable que celui observé sur de nombreux shampoings classiques.
La mention « vegan » renseigne sur l’origine des ingrédients, pas sur leur devenir dans l’eau
Plusieurs références capillaires utilisent le terme « vegan » comme argument visible sur l’emballage. Cette indication répond à une préoccupation précise : l’absence d’ingrédients d’origine animale selon les engagements de la marque ou le référentiel employé.
Elle ne constitue pas une notation environnementale du produit. Une formule dépourvue de matières d’origine animale peut contenir des colorants, des conservateurs ou des substances parfumantes dont les caractéristiques environnementales sont évaluées indépendamment.
Le contraste relevé par UFC-Que Choisir entre certaines promesses affichées sur les flacons et leurs résultats environnementaux illustre cette différence de périmètre. Un acheteur recherchant simultanément une formule vegan et un impact réduit doit donc disposer d’informations distinctes pour ces deux critères.
Le même raisonnement vaut pour un éventuel label. Son intérêt dépend des exigences qu’il couvre : origine des ingrédients, procédés de fabrication, substances exclues ou critères environnementaux ne relèvent pas nécessairement du même cahier des charges. Le ministère de la Transition écologique rappelle d’ailleurs que les allégations environnementales doivent être suffisamment précises et justifiées.
Un cosmétique « naturel » sous 95 % doit préciser la portée de l’allégation
Les mentions « naturel » et « d’origine naturelle » sont soumises à des règles de présentation rappelées par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Selon l’administration, lorsqu’un produit cosmétique fini contient moins de 95 % d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle, l’allégation doit indiquer le pourcentage concerné ou être limitée aux ingrédients auxquels elle se rapporte. Une référence affichant, par exemple, une forte proportion d’ingrédients d’origine naturelle ne devient donc pas pour autant un produit composé exclusivement d’ingrédients naturels.
Cette distinction prend un relief particulier avec les shampoings violets. Leur action repose précisément sur des pigments colorants. La proportion d’ingrédients d’origine naturelle affichée sur le devant du flacon et les composants responsables de l’effet déjaunissant décrivent deux aspects différents de la formule.
La DGCCRF rappelle plus largement que les allégations cosmétiques doivent pouvoir être justifiées. Le terme « clean », largement employé dans le secteur de la beauté, ne correspond de son côté pas à une définition réglementaire unique permettant de déduire à lui seul la composition ou le niveau d’impact du produit.
La liste INCI permet d’identifier colorants et allergènes
L’étiquette fournit davantage d’informations que les seules promesses placées sur la face avant. La liste des ingrédients, présentée selon la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques (INCI), doit être précédée du mot « Ingrédients ».
La DGCCRF précise que les composants sont généralement mentionnés par ordre décroissant de quantité. Ceux présents à une concentration inférieure à 1 % disposent toutefois de règles de classement plus souples et peuvent apparaître dans un ordre différent après les ingrédients dépassant ce seuil.
Sur un shampoing violet, les colorants figurent notamment sous des références commençant par « CI » suivies d’un numéro. Leur présence correspond à la fonction même du produit et ne constitue pas, isolément, une anomalie.
UFC-Que Choisir signale également la présence de nombreux allergènes dans certaines références analysées et cite notamment des isothiazolinones. La composition devient alors un critère de comparaison pertinent pour les personnes sensibles à certains ingrédients, indépendamment des mentions « vegan » ou « naturel » mises en avant sur l’emballage.
Kérastase, Dessange et Elsève recommandent des gants sur certaines références
Les précautions d’utilisation apportent un autre indice sur la nature de ces shampoings. Selon UFC-Que Choisir, des produits commercialisés notamment par Kérastase, Dessange et Elsève comportent une recommandation de port de gants lors de l’application.
Cette consigne s’explique par le caractère pigmenté de la formule et doit être distinguée d’une alerte générale sur la sécurité du produit. Les cosmétiques commercialisés dans l’Union européenne relèvent d’un cadre réglementaire portant notamment sur leur composition, leur étiquetage et leur évaluation de sécurité.
Le temps de pose et la fréquence d’utilisation indiqués par le fabricant ont également leur importance. Un shampoing violet conçu comme soin correcteur occasionnel ne répond pas nécessairement au même usage qu’un shampoing quotidien.
Une réaction inhabituelle au cuir chevelu justifie l’arrêt du produit. Lorsque les symptômes persistent, un professionnel de santé reste l’interlocuteur approprié.
Une promesse marketing ne justifie pas seule un prix plus élevé
L’analyse de l’emballage devient particulièrement utile lorsque deux références affichent des prix différents tout en revendiquant une efficacité comparable contre les reflets jaunes. Un supplément tarifaire fondé principalement sur les termes « vegan », « naturel » ou « clean » mérite d’être rapproché de la composition, du pourcentage revendiqué et de l’éventuel label associé.
La liste INCI, les consignes d’utilisation et les informations fournies par le fabricant apportent alors des éléments plus précis que les mots inscrits en grand sur le flacon. Pour un achat en ligne, l’accès à la composition complète avant la commande permet la même comparaison sans attendre de recevoir le produit.
L’étude d’UFC-Que Choisir ne conduit pas à écarter toute la catégorie des shampoings violets. Elle met surtout en évidence un écart mesurable : parmi les 23 produits examinés, plus de la moitié sont classés mauvais ou médiocres sur le critère environnemental et 8 % seulement obtiennent une bonne ou très bonne appréciation. Pour une personne utilisant ce type de soin ponctuellement, la fréquence d’application, la composition et les précautions indiquées sur la référence choisie fournissent donc davantage d’informations que la seule présence d’une mention valorisante sur l’étiquette.

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