Le tribunal de commerce de Toulouse a placé GiFi en redressement judiciaire le 3 novembre 2026, après une forte dégradation de sa trésorerie. L’enseigne assure que ses quelque 500 magasins poursuivent leur activité, tandis que l’avenir de 6 000 salariés demeure incertain. Pour les clients, les conditions d’utilisation des cartes cadeaux, de retrait des commandes et de remboursement méritent une attention particulière.
Six mois pour tenter de redresser GiFi sans fermer les magasins
La décision judiciaire ouvre une période d’observation de six mois pendant laquelle GiFi devra démontrer sa capacité à poursuivre son activité. Le redressement permet de maintenir l’exploitation sous contrôle judiciaire, tout en recherchant une restructuration ou une solution de reprise.
Patrick Puy, président du directoire de GiFi, a confirmé dans un communiqué que les magasins restaient ouverts, particulièrement à l’approche des fêtes de fin d’année.
La direction évoque environ 500 établissements en France. Le Monde en recensait 513 en octobre, avant l’ouverture de la procédure. Ces deux chiffres correspondent à des dates de référence différentes et ne permettent pas de déterminer combien de magasins seraient éventuellement concernés par de futures fermetures.
Aucun arrêt général de l’activité n’a été annoncé. La procédure judiciaire laisse néanmoins ouverte la possibilité d’une réorganisation du réseau.
GiFi manque de trésorerie malgré 470 millions d’euros de dettes effacées
Les difficultés de l’enseigne fondée en 1981 par Philippe Ginestet trouvent notamment leur origine dans une migration informatique défaillante en 2023. Cette opération a perturbé les approvisionnements et la gestion des stocks, affaiblissant les ventes.
La concurrence d’Action, de Maxibazar et de plateformes comme Temu a accentué les difficultés commerciales.
En janvier 2025, les banques créancières avaient pourtant accepté d’effacer environ 470 millions d’euros de dettes en échange de 40 % du capital, selon Le Monde.
L’Agence France-Presse (AFP), qui a consulté la décision judiciaire, rapporte un excédent brut d’exploitation consolidé (EBITDA) de moins 100 millions d’euros en 2025. Pour 2026, la prévision a été révisée à moins 58,8 millions d’euros.
GiFi faisait surtout face à un besoin de trésorerie non couvert estimé entre 25 et 30 millions d’euros sur une dizaine de semaines à compter d’octobre. Cette somme correspond à un besoin de financement à court terme, et non à la totalité de son endettement.
Les cartes cadeaux GiFi restent soumises à une validité d’un an
Les conditions publiées sur le site de GiFi prévoient une utilisation des cartes cadeaux pendant un an après leur activation, dans les magasins participants. Leur montant peut être dépensé en plusieurs fois.
À titre d’illustration, une carte créditée de 100 euros conserve un solde de 65 euros après un achat de 35 euros. Ce reliquat reste normalement utilisable jusqu’à l’expiration de la carte.
Les bons d’achat promotionnels fonctionnent différemment. Ils sont utilisables en une seule fois, uniquement dans le magasin qui les a émis, avant la date indiquée. GiFi exclut leur remboursement, leur prolongation et leur utilisation sur son site Internet.
Ces conditions sont celles affichées par l’enseigne au moment de la consultation. Leur application dans chaque établissement reste liée à la poursuite de son activité.
Aucune désactivation générale des cartes cadeaux n’a été annoncée à la suite du jugement. Les clients détenant un solde important ont néanmoins intérêt à contrôler sa validité et les magasins participants.
Click & Collect chez GiFi, 5 euros prépayés et sept jours avant annulation
Le service Click & Collect de GiFi prévoit un panier minimum de 10 euros, après déduction des éventuelles remises VIP. Lors de la réservation, le client verse 5 euros en ligne, ensuite déduits de son paiement en magasin.
Une réservation de 40 euros nécessite ainsi un prépaiement de 5 euros, puis un règlement de 35 euros au retrait, si la sélection reste inchangée.
La foire aux questions de GiFi indique que les articles doivent être récupérés dans les deux jours ouvrables suivant le courriel confirmant leur disponibilité.
Après sept jours sans retrait, la réservation est automatiquement annulée et les 5 euros restent à la charge du client au titre des frais de préparation, selon les conditions affichées.
Cette disposition concerne le non-retrait imputable à l’acheteur. Elle ne permet pas de conclure que GiFi conserverait légitimement la somme lorsque le magasin serait lui-même incapable de fournir les articles.
Le prépaiement de 5 euros concerne ce dispositif de réservation et ne doit pas être assimilé aux conditions de toutes les commandes intégralement réglées en ligne.
Retours sous 15 jours, rétractation et garantie légale ne donnent pas les mêmes droits
Un article acheté dans un magasin GiFi qui ne convient plus peut être rapporté sous 15 jours, selon la politique commerciale de l’enseigne. Le produit doit notamment être accompagné du justificatif d’achat et conservé dans son emballage d’origine, non ouvert.
Plusieurs exclusions existent, notamment pour les sous-vêtements et certains articles saisonniers après l’événement concerné, comme les décorations d’Halloween.
Dans cette situation, GiFi propose un échange ou un avoir valable un an, sans remboursement systématique.
La règle diffère pour les contrats conclus à distance. Le Code de la consommation prévoit généralement un délai de rétractation de 14 jours, sauf exceptions. Lorsqu’un remboursement légal est dû, le vendeur ne peut imposer un simple avoir sans l’accord du client.
Un produit défectueux relève encore d’un autre régime. La garantie légale de conformité protège l’acheteur, sous les conditions prévues par la loi, pendant deux ans après la délivrance du bien.
Elle permet notamment de demander une réparation ou un remplacement sans frais. Une réduction du prix ou un remboursement intervient dans les situations prévues par les textes.
Les restrictions commerciales imposant un emballage non ouvert pour un changement d’avis ne suppriment pas les droits attachés à cette garantie.
Remboursement impayé chez GiFi, la société vendeuse doit être identifiée
Un client qui attend le remboursement d’une commande doit commencer par retrouver sa facture, ses preuves de paiement et les échanges avec le vendeur.
La dénomination sociale figurant sur la facture est déterminante. Les différentes sociétés d’un groupe ne relèvent pas nécessairement des mêmes procédures judiciaires.
La publication du jugement au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc) permet ensuite d’identifier la procédure concernant cette société et les mandataires compétents.
Selon La Dépêche du Midi, Me Amizet et Me Payen ont été désignés mandataires judiciaires dans la procédure annoncée le 3 novembre. Leur compétence pour une créance particulière reste à rapprocher de l’identité juridique du vendeur.
Les articles L.622-24 et R.622-24 du Code de commerce encadrent la déclaration des créances. Le délai ordinaire est de deux mois à compter de la publication du jugement au Bodacc, sous réserve des exceptions applicables.
Une demande de remboursement, une commande non livrée et une réclamation au titre d’une garantie ne relèvent pas nécessairement du même traitement. La déclaration d’une créance ne garantit pas son paiement intégral.
Les 6 000 salariés de GiFi confrontés aux retards de salaires
Le groupe emploie environ 6 000 personnes en France, dont quelque 600 au siège de Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne.
Patrick Puy a indiqué que l’ouverture de la procédure n’entraînait pas, à elle seule, de licenciements immédiats ni de nouveau plan de sauvegarde de l’emploi.
Selon La Dépêche du Midi, des représentants de Force ouvrière signalaient le 2 novembre que les salaires d’octobre n’avaient pas encore été versés. Un paiement était espéré pour le 5 novembre, sans confirmation de son exécution au moment de ces déclarations.
En cas d’insuffisance des fonds disponibles, l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) intervient sous certaines conditions et dans les limites légales.
Le mandataire judiciaire établit les relevés des rémunérations impayées et sollicite l’organisme. Les salariés n’ont pas de demande de versement à déposer directement auprès de l’AGS, mais doivent conserver leurs bulletins de salaire et les transmettre au mandataire si nécessaire.
Achats et avoirs GiFi, les justificatifs restent déterminants
Un achat payé et emporté immédiatement n’expose pas l’acheteur aux mêmes incertitudes qu’une commande en attente de livraison ou qu’un remboursement encore dû.
Pour une carte cadeau, la date d’expiration et l’établissement participant déterminent les possibilités d’utilisation. Pour une réservation Click & Collect, le courriel de disponibilité fixe le point de départ du délai de retrait. Une réclamation concernant un produit défectueux nécessite de conserver la preuve d’achat.
Les détenteurs d’un compte VIP GiFi peuvent retrouver leurs tickets de caisse et certains bons d’achat dans la rubrique « Mes achats » de leur espace client.
L’avenir du réseau dépend désormais des résultats de la période d’observation. Le tribunal de commerce de Toulouse doit réexaminer, le 8 janvier 2027, la capacité financière de GiFi à poursuivre son activité.

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