Entre hausse du prix du gaz, revalorisation des retraites complémentaires et nouveaux frais sur les colis importés, ce qui change en novembre 2026 concerne directement le budget et les droits des ménages. Le prix repère du gaz augmente de 6,6 %, tandis que les pensions complémentaires du privé progressent de 1,4 %. D’autres mesures touchent l’électricité et le logement, avant l’entrée en vigueur de nouvelles règles sur le crédit à la consommation le 20 novembre.
Gaz : la hausse de 6,6 % épargne les contrats à prix fixe
Le prix repère de vente du gaz atteint 194,90 euros TTC par mégawattheure en novembre, contre 182,88 euros en octobre. Selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE), cette hausse moyenne de 6,6 % provient du renchérissement de l’approvisionnement.
Pour un logement chauffé au gaz dans la zone GRDF, le kilowattheure de référence passe de 0,14557 à 0,15760 euro TTC. Sur une consommation de 1 000 kWh, la part variable augmente ainsi de 12,03 euros, hors abonnement.
Les abonnés ayant choisi un contrat indexé sur le prix repère sont exposés à cette évolution selon leurs conditions tarifaires. Ceux bénéficiant d’un prix fixe n’y sont pas directement soumis.
Reste le choix du contrat. Deux offres peuvent présenter des coûts très différents selon la consommation du logement.
Prenons deux offres illustratives, aux tarifs TTC supposés constants pendant un an, pour une consommation identique et sans autres frais. L’offre A comprend un abonnement annuel de 360 euros et un kilowattheure à 0,158 euro. L’offre B facture 420 euros d’abonnement et 0,150 euro le kilowattheure.
• Offre A : abonnement moins cher, mais prix du kWh plus élevé. Elle est avantageuse pour les faibles consommations.
• Offre B : abonnement plus coûteux, mais prix du kWh inférieur. Elle devient intéressante pour les consommations élevées.
| Consommation annuelle | Offre A | Offre B |
|---|---|---|
| 4 000 kWh | 992 € | 1 020 € |
| 10 000 kWh | 1 940 € | 1 920 € |
Avec ces hypothèses, les deux offres coûtent exactement le même prix à 7 500 kWh annuels. En dessous, l’offre A est plus économique ; au-dessus, l’offre B prend l’avantage.
Ce seuil illustre l’importance de l’abonnement, sans constituer une référence applicable à tous les fournisseurs. Le comparateur indépendant du Médiateur national de l’énergie permet d’examiner les offres disponibles selon sa consommation annuelle et leurs conditions d’évolution.
Colis hors Union européenne : 2 euros de frais supplémentaires par catégorie
Les achats en ligne expédiés directement depuis un pays extérieur à l’Union européenne supportent, depuis le 1er novembre, de nouveaux frais de traitement de 2 euros par catégorie douanière.
Pour les envois d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros, ces frais s’ajoutent au droit forfaitaire de 3 euros par catégorie, déjà applicable depuis juillet.
La Direction générale des douanes donne notamment l’exemple d’un colis contenant un tee-shirt et un jouet, relevant de deux catégories distinctes. Les droits et frais cumulés atteignent 10 euros, hors taxe sur la valeur ajoutée à l’importation et éventuels frais du transporteur.
Ces prélèvements sont dus par les acteurs concernés par l’importation, notamment les plateformes, vendeurs ou transporteurs selon les opérations. Leur répercussion sur le prix payé dépend des modalités commerciales et de dédouanement.
Au-delà de 150 euros, les frais de traitement restent applicables, tandis que les droits de douane de droit commun remplacent le forfait de 3 euros.
Le prix final, taxes et livraison comprises, reste donc le critère pertinent pour comparer deux commandes. Les demandes de paiement douanier reçues par SMS méritent également une vérification directe auprès du transporteur, sans utiliser le lien transmis.
Agirc-Arrco : une pension complémentaire augmentée de 1,4 %
Après une année sans revalorisation, les pensions complémentaires Agirc-Arrco des anciens salariés du privé progressent de 1,4 % au 1er novembre.
Cette hausse s’applique à la seule pension complémentaire, et non à l’ensemble des revenus de retraite.
Un retraité percevant 1 000 euros bruts de retraite de base et 600 euros bruts de complémentaire gagne ainsi 8,40 euros mensuels. Sa pension totale atteint théoriquement 1 608,40 euros bruts, soit une progression globale de 0,525 %.
Le montant net dépend des prélèvements sociaux applicables. La revalorisation est effectuée sans demande du retraité. Le paiement de novembre est programmé le 2 novembre, avec un délai de crédit variable selon les banques.
Électricité : les heures creuses d’hiver se concentrent davantage la nuit
La réorganisation des heures creuses, engagée en novembre 2025, se poursuit progressivement jusqu’à la fin de 2027.
Les contrats concernés conservent huit heures quotidiennes à tarif réduit, dont au moins cinq consécutives entre 23 heures et 7 heures. La nouvelle répartition privilégie davantage les heures nocturnes en hiver et certaines plages de journée en été.
Les abonnés déjà passés au dispositif saisonnalisé retrouvent leurs horaires hivernaux. Les autres recevront une information de leur fournisseur au moins un mois avant leur changement.
Un chauffe-eau correctement commandé par le compteur Linky suit normalement les nouveaux horaires. Les appareils équipés d’un programmateur indépendant peuvent nécessiter un ajustement.
Les plages applicables figurent dans l’espace client du fournisseur. Les abonnés Tempo, ainsi que les logements situés en Corse ou dans les territoires ultramarins, ne sont pas concernés par cette réforme.
Trêve hivernale : les expulsions sont suspendues jusqu’au 31 mars
La trêve hivernale a débuté le 1er novembre et s’achèvera le 31 mars 2027 inclus.
Les expulsions locatives sont en principe suspendues durant cette période, avec certaines exceptions, notamment liées à des situations de squat ou de violences conjugales. Les loyers impayés demeurent exigibles.
Les fournisseurs d’énergie ne peuvent pas interrompre l’électricité ou le gaz naturel pour impayés dans une résidence principale. Une réduction de puissance électrique reste toutefois possible sous conditions.
Les bénéficiaires du chèque énergie disposent d’une protection supplémentaire contre cette réduction. Leurs droits sont reconnus auprès du fournisseur ayant encaissé le chèque. Une attestation peut être nécessaire auprès d’un autre fournisseur, notamment lorsque les contrats de gaz et d’électricité sont séparés.
En présence d’impayés, un échéancier peut être négocié avec le fournisseur. Les services sociaux peuvent également orienter les ménages éligibles vers le Fonds de solidarité pour le logement.
Pneus hiver et accidents du travail : deux règles applicables depuis novembre
Dans certaines communes montagneuses de 34 départements, les voitures particulières doivent disposer, jusqu’au 31 mars 2027, de quatre pneus portant le marquage hivernal 3PMSF ou détenir des chaînes ou chaussettes adaptées à au moins deux roues motrices.
Les arrêtés préfectoraux déterminent les communes concernées. L’obligation ne s’étend donc pas à l’ensemble du territoire de chaque département.
Autre évolution pour les salariés : le plafond de rémunération utilisé pour calculer les indemnités journalières en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle est abaissé à l’équivalent de 1,8 fois le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic).
La mesure concerne les arrêts débutant à compter du 1er novembre. Les salariés rémunérés au-dessus de ce seuil peuvent percevoir des indemnités de Sécurité sociale moins élevées, avec une compensation éventuelle de leur employeur selon les règles de maintien de salaire applicables.
Crédit à la consommation : les petits découverts davantage encadrés dès le 20 novembre
La réforme du crédit à la consommation entrera en vigueur le 20 novembre. Elle étendra notamment certaines protections aux minicrédits, aux paiements fractionnés, aux crédits gratuits, aux locations avec option d’achat et aux financements pouvant atteindre 100 000 euros.
Les prêteurs devront renforcer l’information précontractuelle, l’évaluation de la solvabilité et l’accompagnement des emprunteurs en difficulté.
Les nouvelles autorisations de découvert inférieures à 200 euros ou de moins d’un mois seront également soumises à une analyse de solvabilité.
Les découverts bancaires restent autorisés. Les nouvelles dispositions concernent les offres émises à compter du 20 novembre et ne remettent pas rétroactivement en cause les autorisations existantes.
Aide carburant : les premières demandes restent ouvertes jusqu’au 31 décembre
Déjà renouvelée en octobre, l’aide de 100 euros destinée aux travailleurs « grands rouleurs » couvre la période d’octobre à décembre 2026.
Elle concerne notamment les actifs effectuant au moins 15 kilomètres par trajet domicile-travail ou 8 000 kilomètres annuels à titre professionnel, sous conditions de ressources et de véhicule.
Le revenu fiscal de référence de 2024 doit être inférieur ou égal à 22 770 euros par part. Les personnes redevables de l’impôt sur la fortune immobilière cette année-là sont exclues.
Le véhicule doit notamment être thermique ou hybride non rechargeable, assuré et conforme aux critères administratifs. Les véhicules de service ou de fonction bénéficiant d’une prise en charge spécifique de l’employeur sont exclus.
Les personnes ayant déjà reçu l’aide entre avril et septembre bénéficient normalement d’un nouveau versement automatique.
Pour une première demande, le formulaire est accessible dans l’espace personnel sur impots.gouv.fr. Le demandeur doit notamment renseigner son numéro fiscal, l’immatriculation et les informations de carte grise du véhicule, puis certifier respecter les conditions de déplacement.
Le guichet fermera le 31 décembre 2026. Un simulateur officiel permet de contrôler son éligibilité avant de déposer le dossier.

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