Les promotions sur les fruits et légumes ne se résument pas au prix affiché en gros caractères. Origine, prix au kilo, astérisques, période de validité et prix réellement facturé peuvent changer la compréhension de l’offre. La DGCCRF a publié plusieurs injonctions visant Carrefour, GALEC Leclerc, Aldi et Lidl sur l’information donnée aux consommateurs dans les supports promotionnels. Pour éviter une mauvaise surprise, le bon réflexe consiste à comparer le catalogue, l’étiquette en rayon et le ticket de caisse.
Des promotions alimentaires qui doivent être lisibles, pas seulement attractives
Les catalogues d’enseignes, les prospectus en ligne et les applications de grande distribution sont souvent consultés avant de faire ses courses. Pour les fruits et légumes, ils peuvent influencer directement le choix d’un magasin, d’un produit ou d’un panier. Mais une promotion claire ne se limite pas à un prix visible : le consommateur doit aussi pouvoir identifier le produit exact, son origine, la période de validité de l’offre et, en magasin, le prix réellement appliqué.
La règle est précise. Selon l’article L443-1 du Code de commerce, toute publicité destinée au consommateur qui mentionne une réduction de prix ou un prix promotionnel sur des produits alimentaires périssables doit préciser la nature, l’origine des produits et la période pendant laquelle l’offre est maintenue. La mention relative à l’origine doit être inscrite avec une taille de caractères égale à celle du prix.
Carrefour, Leclerc, Aldi, Lidl : ce que reproche la DGCCRF
Les quatre dossiers ne sont pas identiques. Ils ont un point commun, l’information sur l’origine des fruits et légumes, mais les supports et les griefs varient selon les enseignes.
| Enseigne concernée | Ce que relève la DGCCRF | Délai indiqué | Ce que le consommateur doit vérifier |
|---|---|---|---|
| Carrefour | Confusion sur l’origine dans les catalogues papier et en ligne, taille de caractères inférieure à celle du prix, prix promotionnels ne correspondant pas toujours aux prix payés | 6 mois | Origine en rayon, prix affiché, prix facturé en caisse |
| GALEC Leclerc | Origine imprécise ou ambiguë, plusieurs origines possibles pour un même produit, renvois en bas de page ou sur une autre page | 6 mois | Pays exact indiqué sur le lot vendu |
| Aldi | Origines alternatives, renvoi en bas de page hors du même champ visuel, taille de caractères non conforme pour le pays d’origine | 6 mois | Origine réelle sur l’étiquette en rayon |
| Lidl | Mentions d’origine peu visibles, renvois en bas de page, origines multiples, absence de précision dans un spot radio, éléments relevés sur le site internet et l’application Lidl Plus | Non mentionné sur la page DGCCRF consultée | Catalogue, application, étiquette rayon et disponibilité réelle |
Dans le cas de Carrefour, l’injonction visant Carrefour indique qu’une enquête menée entre juin 2024 et juin 2025 a mis en évidence une confusion sur l’origine réelle des fruits et légumes disponibles en magasin, ainsi que des prix promotionnels ne correspondant pas aux prix effectivement payés par les consommateurs. Pour GALEC Leclerc, l’injonction visant GALEC Leclerc évoque une information sur l’origine communiquée de manière inintelligible, imprécise ou ambiguë, avec plusieurs origines possibles pour un même produit et des renvois éloignés du produit.
L’injonction visant Aldi porte notamment sur des origines alternatives, des renvois en bas de page et une taille de caractères jugée non conforme pour l’indication du pays d’origine. L’injonction visant Lidl concerne des pratiques relevées dans des prospectus papier et en ligne, un spot radio, son site internet et l’application Lidl Plus, avec notamment des mentions d’origine peu visibles, des origines multiples et des indisponibilités.
Ce qu’une injonction signifie vraiment. Une injonction administrative n’est pas une condamnation judiciaire. Elle signifie que l’administration demande à une entreprise de cesser ou de corriger une pratique qu’elle estime non conforme. Il faut donc distinguer les constats formulés par la DGCCRF d’un jugement rendu par un tribunal. Pour comprendre le cadre général, la DGCCRF propose aussi une fiche sur les pratiques commerciales trompeuses.
Origines multiples : une mention qui peut changer le sens de l’offre
Pour un consommateur, l’origine n’est pas un détail. Elle peut peser sur le choix d’achat pour des raisons de saisonnalité, de soutien aux producteurs français, de transport, de qualité perçue ou simplement de comparaison entre deux offres. Le ministère de l’Économie rappelle que l’indication de l’origine des fruits et légumes est obligatoire et que la provenance des produits vendus au détail doit être affichée avec une taille de caractères égale à celle du prix.
Le problème apparaît lorsque l’origine est difficile à relier au produit réellement vendu. Une mention comme « France, Espagne ou Maroc selon approvisionnement » ne garantit pas que le produit acheté sera français. Elle signifie seulement que plusieurs origines sont possibles selon les lots et les magasins. L’offre peut donc être acceptable si elle est claire, mais elle devient problématique si le consommateur ne peut pas comprendre rapidement quelle origine correspond au produit qu’il met dans son panier.
Exemple concret : un catalogue affiche des tomates à 1,99 euro le kilo, avec une photo très visible et une mention discrète en bas de page indiquant « France, Espagne ou Maroc selon approvisionnement ». Le client peut retenir surtout la photo et le prix. En rayon, les tomates disponibles peuvent pourtant venir d’Espagne ou du Maroc. Avant d’acheter, il faut donc vérifier l’étiquette du lot vendu, puis contrôler le prix au kilo en rayon.
Prix au kilo, astérisques, ticket : la méthode de vérification en magasin
Le premier réflexe consiste à ne pas se limiter au prix facial. Le prix au kilo est souvent le seul outil fiable pour comparer deux promotions. Une barquette à 2,49 euros les 500 grammes revient à 4,98 euros le kilo. Elle peut donc être moins intéressante qu’une autre offre affichée à 3,99 euros le kilo, même si son prix total paraît plus bas.
Le deuxième réflexe consiste à lire les astérisques. Ils peuvent préciser une origine variable, une période courte, une quantité limitée, une offre réservée à certains magasins ou une condition liée à la carte de fidélité. Si l’information essentielle se trouve en bas de page, le consommateur doit pouvoir la relier sans ambiguïté au produit concerné.
Le troisième réflexe consiste à contrôler le prix réellement payé. Le ministère de l’Économie rappelle que les règles d’affichage des prix imposent une information visible et compréhensible pour le consommateur. Pour les produits alimentaires préemballés, le prix global et le prix à l’unité de mesure, par exemple au kilo ou au litre, doivent notamment être indiqués.
En pratique, la vérification peut se faire en 30 secondes : regarder l’origine en rayon, comparer le prix au kilo, lire l’astérisque du catalogue, puis contrôler le ticket. Si deux kilos de tomates annoncées à 1,99 euro le kilo passent en caisse à 2,49 euros le kilo, l’écart atteint 1 euro sur cet achat. Ce n’est pas forcément énorme isolément, mais sur plusieurs promotions d’un panier, l’addition peut vite devenir moins avantageuse que prévu.
Ce qu’il faut faire en cas d’écart entre catalogue, rayon et caisse
Si le prix affiché en rayon diffère du prix enregistré en caisse, SignalConso indique que le consommateur peut demander à payer le prix le plus bas affiché, sauf en cas d’erreur manifeste. Après paiement, il faut conserver le ticket de caisse et demander le remboursement de la différence. La plateforme indique aussi qu’environ 8 % des produits en magasin seraient concernés par des erreurs de prix ; ce chiffre donne un ordre de grandeur, mais le réflexe essentiel reste de vérifier le ticket avant de quitter le magasin. Pour les démarches, SignalConso détaille les bons réflexes en cas d’erreur de prix en caisse.
En cas de difficulté, les preuves simples sont les plus utiles : photo du catalogue ou capture d’écran de l’application, photo de l’étiquette en rayon, ticket de caisse papier ou preuve dématérialisée. Il faut d’abord s’adresser à l’accueil du magasin. Si l’écart n’est pas corrigé ou si la pratique semble récurrente, un signalement peut être effectué sur SignalConso, qui permet d’informer l’entreprise et la DGCCRF.
Pour l’origine, le raisonnement est similaire. Si le catalogue met en avant une origine mais que l’étiquette en rayon indique autre chose, il faut se fier au lot réellement vendu. Si l’origine est absente, illisible ou contradictoire, mieux vaut ne pas acheter en se fondant uniquement sur la promotion. Une offre intéressante sur le papier ne l’est vraiment que si trois éléments concordent : le produit exact, son origine réelle et le prix effectivement payé. Si l’un de ces trois points n’est pas clair, mieux vaut demander une vérification avant de payer.

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