Une mensualité basse ne suffit pas à identifier le crédit le moins cher. Le TAEG réunit les intérêts et les frais obligatoires, tandis que le montant total dû mesure la somme finalement remboursée. Le taux d’usure joue un autre rôle : il fixe un plafond légal qui doit être contrôlé avec le barème applicable au moment de l’offre, car ses seuils sont révisés périodiquement. Les seuils et exemples cités ici ont été vérifiés le 31 août 2026 ; une offre postérieure doit être rapprochée du barème correspondant à sa propre date.
Le taux d’usure doit être vérifié à la date de l’offre
Le taux d’usure correspond au TAEG maximal auquel un établissement peut accorder un prêt dans une catégorie donnée. Il ne constitue ni un tarif conseillé ni la preuve qu’une offre située juste sous le plafond est économiquement intéressante.
Les seuils applicables depuis le 1er juillet 2026 sont détaillés dans notre article consacré au barème du troisième trimestre 2026, établi à partir de l’avis publié au Journal officiel. Pour une offre signée plus tard, il faut revenir au barème correspondant exactement à sa date et à sa catégorie.
Cette mise à jour sépare volontairement les deux usages : la présente page explique comment comparer le coût d’un crédit, tandis que la page de barème fournit les plafonds datés.
Le TAEG additionne intérêts, frais de dossier et garanties obligatoires
Le TAEG exprime en pourcentage annuel le coût du crédit supporté par l’emprunteur. Son périmètre dépasse le taux débiteur : les intérêts y entrent avec les frais nécessaires à l’obtention du prêt, notamment les frais de dossier ou d’intermédiaire, les garanties obligatoires et l’assurance lorsqu’elle conditionne l’octroi du financement.
La mensualité renseigne, elle, sur la charge prélevée chaque mois. Elle ne permet pas à elle seule de connaître le prix du financement. Allonger la durée réduit généralement chaque échéance, tandis que les intérêts continuent à courir pendant davantage de mois.
Quatre données donnent une lecture beaucoup plus complète d’une proposition : la somme empruntée, la durée, le TAEG et le montant total dû. Une publicité centrée sur une formule telle que « à partir de 89 euros par mois » ne fournit donc qu’une partie de l’information nécessaire à la comparaison.
Simulations pédagogiques de CONSO Magazine : le capital emprunté est noté C, la durée en mois n et le taux annuel effectif T. Le taux mensuel équivalent utilisé est i = (1 + T)1/12 − 1. Pour un prêt amortissable à échéances constantes, la mensualité est M = C × i ÷ [1 − (1 + i)−n] et le coût du crédit est n × M − C. Cette méthode donne 125,26 euros par mois et 506,22 euros de coût pour 2 500 euros sur 24 mois à 20 % ; 165,68 euros et 964,51 euros pour 5 000 euros sur 36 mois à 12,5 % ; 239,05 euros et 2 343,27 euros pour 12 000 euros sur 60 mois à 7,5 %. Les valeurs affichées dans le texte et le tableau sont arrondies à l’euro.
Ces simulations supposent un prêt amortissable à taux fixe et traitent le TAEG comme un taux annuel effectif réparti sur la durée. Elles excluent l’assurance facultative et les coûts dont le calendrier de paiement n’est pas fourni. Dans une offre réelle, le TAEG intègre les frais obligatoires selon leur montant et leur date ; l’échéancier et la fiche précontractuelle du prêteur prévalent donc sur cette illustration.
À 7,5 %, étaler 12 000 euros sur 72 mois ajoute près de 975 euros
À montant et TAEG identiques, la durée suffit à modifier fortement le résultat. L’exemple de 12 000 euros empruntés à 7,5 % montre que la baisse de mensualité obtenue en prolongeant le remboursement se paie par un coût total supérieur.
| Durée pour 12 000 € à 7,5 % | Mensualité estimée | Coût total du crédit |
|---|---|---|
| 48 mois | environ 289 € | environ 1 861 € |
| 60 mois | environ 239 € | environ 2 343 € |
| 72 mois | environ 206 € | environ 2 836 € |
Entre 48 et 72 mois, la mensualité diminue d’environ 83 euros. Le coût du crédit augmente parallèlement de près de 975 euros. Pour le financement d’une voiture ou de travaux, deux offres affichant le même montant emprunté peuvent ainsi produire des dépenses très différentes selon la durée retenue.
Un crédit affecté reste attaché à l’achat financé
Le crédit affecté finance un achat ou une prestation déterminée, par exemple une voiture, du mobilier, un équipement ou des travaux. Les fonds ne sont pas librement destinés à une autre dépense.
Pour un véhicule, le prix comptant et le montant total versé une fois le financement achevé donnent deux repères directement comparables. Pour des travaux, le seuil de 75 000 euros mérite une attention particulière puisque la Banque de France ne classe plus les montants supérieurs dans la même catégorie de son tableau des taux d’usure.
Un paiement en plusieurs fois avec frais relevant du crédit à la consommation obéit à la même logique de lecture : TAEG, durée, frais et montant total dû indiquent le prix du financement au-delà de l’échéance mensuelle affichée.
Une assurance de 8 euros par mois ajoute 480 euros sur cinq ans
L’assurance emprunteur n’est pas imposée par la loi pour un crédit à la consommation. Un prêteur peut néanmoins en faire une condition d’octroi. Lorsqu’elle est obligatoire pour obtenir le prêt, son coût entre dans le calcul du TAEG.
Une assurance facultative modifie elle aussi la dépense réellement supportée. Calcul de CONSO Magazine : 8 euros par mois pendant 60 mois représentent 8 × 60 = 480 euros supplémentaires, hors éventuelle évolution de la prime. Une comparaison entre deux propositions gagne donc à distinguer le montant total sans assurance facultative et celui qui intègre cette couverture.
Un remboursement anticipé peut entraîner une indemnité de 1 % ou 0,5 %
L’emprunteur dispose d’un droit au remboursement anticipé, total ou partiel. Le prêteur doit l’informer des conditions applicables et des éventuels frais.
Lorsque l’indemnité est due, son plafond atteint 1 % du montant remboursé si la durée restant à courir dépasse un an, et 0,5 % lorsqu’elle est inférieure à un an. Service-Public.fr précise qu’elle ne peut être réclamée que lorsque le total des remboursements anticipés effectués sur douze mois dépasse 10 000 euros.
Cette clause mérite d’être lue dès la souscription lorsqu’une rentrée d’argent, la revente d’un véhicule ou une autre opération est susceptible de permettre un remboursement plus rapide du prêt.
La fiche précontractuelle permet de mettre deux offres sur la même base
Le prêteur ou l’intermédiaire doit remettre une fiche d’information précontractuelle sur papier ou sur un autre support durable. Le Code de la consommation prévoit qu’elle fournisse les éléments nécessaires à la comparaison des offres et à la compréhension de l’engagement pris par l’emprunteur.
Le document présente notamment le type de crédit, le montant, la durée, le TAEG, les échéances, les frais, les conditions de remboursement anticipé et l’existence du droit de rétractation. Service-Public précise que, lorsque le crédit est demandé sur un lieu de vente, cette fiche doit être remise sur place sur papier ou sur un autre support durable.
Deux offres deviennent réellement comparables lorsqu’elles portent sur le même montant, la même durée et les mêmes conditions d’assurance. Le TAEG et le montant total dû permettent alors de mesurer l’écart de coût sans se laisser guider uniquement par la mensualité affichée.

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