Carrefour, GALEC Leclerc, Aldi et Lidl ont fait l’objet d’injonctions de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes concernant la présentation de promotions sur les fruits et légumes. Les griefs portent notamment sur l’origine des produits, sa lisibilité dans les catalogues et, pour Carrefour, sur certains écarts entre prix promotionnels et prix payés. Dossiers et liens cités vérifiés le 31 août 2026 : les périodes promotionnelles visibles dans un ancien catalogue ne doivent pas être interprétées comme des offres encore valables.
L’origine doit apparaître aussi clairement que le prix promotionnel
Les prospectus, catalogues numériques et applications des enseignes orientent une partie des achats alimentaires. Pour les fruits et légumes frais proposés en promotion, la réglementation impose toutefois plusieurs informations précises lorsque la publicité annonce une réduction de prix ou un tarif promotionnel.
L’article L443-1 du Code de commerce prévoit que la publicité doit préciser la nature du produit, son origine ainsi que la période pendant laquelle l’offre est maintenue. La mention de l’origine doit en outre apparaître dans une taille de caractères égale à celle utilisée pour le prix.
Cette exigence prend une importance particulière lorsqu’un prospectus met fortement en avant un tarif mais renvoie l’origine vers une mention plus discrète. Un acheteur qui choisit un produit en fonction de sa provenance doit pouvoir associer sans ambiguïté le pays indiqué au lot effectivement proposé.
Carrefour, Leclerc, Aldi et Lidl font l’objet de griefs différents
Les quatre injonctions publiées par la DGCCRF ne portent pas exactement sur les mêmes pratiques. Leur point commun concerne l’information donnée sur l’origine des fruits et légumes, mais les supports contrôlés et les anomalies relevées diffèrent d’une enseigne à l’autre.
Chez Carrefour, une enquête menée entre juin 2024 et juin 2025 a notamment conduit l’administration à relever une confusion sur l’origine réelle de certains fruits et légumes présentés dans les catalogues papier et en ligne. La DGCCRF mentionne également une taille de caractères inférieure à celle du prix pour l’origine ainsi que des prix promotionnels qui ne correspondaient pas toujours aux montants effectivement payés. L’injonction publiée par la DGCCRF accordait six mois à l’entreprise pour se mettre en conformité.
Pour GALEC Leclerc, la DGCCRF a relevé des indications jugées imprécises ou ambiguës, notamment lorsque plusieurs pays d’origine étaient associés au même produit. Certaines précisions apparaissaient en bas de page ou ailleurs dans le catalogue, ce qui pouvait compliquer leur rapprochement avec l’article proposé. L’injonction concernant GALEC Leclerc indiquait également un délai de six mois.
L’injonction concernant Aldi visait notamment des origines alternatives, des renvois en bas de page situés hors du même champ visuel et une taille de caractères jugée non conforme pour l’indication du pays d’origine. Là encore, le délai mentionné était de six mois.
Le dossier Lidl couvre plusieurs canaux de communication : prospectus papier et numériques, site internet, application Lidl Plus et spot radio. La DGCCRF y relève notamment des mentions d’origine insuffisamment visibles, plusieurs provenances possibles ainsi que des problèmes de disponibilité. Le document cité dans l’article ne mentionnait pas de délai de mise en conformité comparable aux trois autres dossiers.
Une injonction administrative ne constitue pas une condamnation judiciaire. Elle correspond à une demande de l’administration visant à faire cesser ou corriger une pratique qu’elle considère comme non conforme. Les constats de la DGCCRF doivent donc être distingués d’une décision rendue par un tribunal. La DGCCRF détaille par ailleurs les critères permettant d’identifier les pratiques commerciales trompeuses.
« France, Espagne ou Maroc » ne garantit pas une origine française
Les mentions à origines multiples méritent une lecture attentive. Une formule telle que « France, Espagne ou Maroc selon approvisionnement » indique que le pays de provenance dépend du lot disponible dans le magasin. Elle ne garantit donc aucune des trois origines au moment de l’achat.
Le ministère de l’Économie rappelle que l’origine des fruits et légumes vendus au détail doit être indiquée et apparaître dans une taille de caractères égale à celle du prix.
Un catalogue peut ainsi présenter des tomates à 1,99 euro le kilo avec plusieurs pays possibles selon l’approvisionnement. Si le rayon contient le jour de l’achat un lot espagnol ou marocain, c’est l’étiquette accompagnant ce lot qui permet d’identifier sa provenance effective.
Cette distinction compte notamment pour les clients qui privilégient une origine française, choisissent leurs produits selon la saison ou comparent deux références sur leur provenance. Une photographie illustrative ou une mention générale dans un prospectus ne remplace pas l’indication associée au produit vendu.
Le prix au kilo permet de comparer deux formats promotionnels
Le montant affiché en grands caractères ne permet pas toujours de déterminer l’offre la moins chère. Deux produits conditionnés différemment doivent être ramenés à la même unité de mesure.
Une barquette de 500 grammes vendue 2,49 euros correspond par exemple à 4,98 euros le kilo. Un produit concurrent affiché à 3,99 euros le kilo coûte donc moins cher à quantité égale, même si son prix facial semble supérieur à celui de la barquette.
Les astérisques du catalogue peuvent aussi préciser une période de promotion, une quantité disponible, une origine variable, une sélection de magasins ou une condition liée à la carte de fidélité. Leur emplacement devient déterminant lorsque la précision modifie directement la portée de l’offre.
Le ministère de l’Économie rappelle par ailleurs les règles applicables à l’affichage des prix. Pour les denrées préemballées concernées, l’information comprend notamment le prix total et le prix à l’unité de mesure, par exemple au kilogramme ou au litre.
L’article illustre également l’impact d’un écart en caisse : deux kilos de tomates annoncés à 1,99 euro le kilo mais facturés 2,49 euros le kilo représentent 1 euro de différence sur l’achat. Le contrôle du ticket prend alors autant d’importance que la lecture du prospectus.
Un écart de prix peut être contesté avec le ticket et l’affichage
SignalConso indique qu’en présence d’une différence entre le prix affiché en rayon et celui enregistré en caisse, le client peut demander l’application du prix le plus bas affiché, sauf erreur manifeste. Lorsque le paiement a déjà eu lieu, le ticket permet de demander le remboursement de la différence.
La plateforme indique également qu’environ 8 % des produits en magasin seraient concernés par des erreurs de prix. Ce pourcentage constitue un ordre de grandeur et ne préjuge pas de la situation d’une enseigne ou d’un magasin particulier.
Une photo du prix affiché en rayon, une capture du catalogue ou de l’application et le ticket de caisse permettent de documenter l’écart. La réclamation peut d’abord être présentée à l’accueil du magasin. Si le problème persiste ou paraît récurrent, un signalement peut être effectué sur SignalConso, qui permet de transmettre le dossier à l’entreprise et d’en informer la DGCCRF.
Pour une différence d’origine, l’étiquette du lot disponible en rayon reste la référence directement associée au produit proposé. Une provenance absente, illisible ou contradictoire avec le support promotionnel peut également être documentée avant un éventuel signalement.
Le calcul au kilo doit être fait avec le poids net et la quantité réellement utile
Un lot de 2 kg vendu 4 € revient à 2 €/kg. Une offre en vrac à 1,79 €/kg reste moins chère même si le prix total visible est inférieur sur le lot. L’origine, la variété, le calibre et le mode de production doivent ensuite être identiques pour que la comparaison ait un sens.
Pour un grand conditionnement, ajoutez une question simple : la quantité sera-t-elle consommée avant de se dégrader ? Jeter 500 g d’un lot de 2 kg revient à payer 4 € pour 1,5 kg réellement utilisés, soit environ 2,67 €/kg utile.
Si le tarif promotionnel du catalogue ne correspond pas au montant encaissé, les droits à faire valoir lorsque le prix en rayon diffère du prix en caisse précise les preuves à réunir et la réclamation à formuler.

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