Depuis le 14 juin 2026, de nouvelles règles s’appliquent au miel, aux confitures et aux jus de fruits commercialisés en France. Elles rendent l’origine des miels mélangés plus lisible, relèvent la quantité minimale de fruits dans certaines confitures et créent de nouvelles catégories de jus à teneur réduite en sucres. Le changement restera toutefois progressif, car les produits étiquetés ou mis sur le marché avant cette date peuvent encore être vendus jusqu’à épuisement des stocks.
Ce qui change réellement depuis le 14 juin
Le décret français du 24 avril 2026 transpose une directive européenne adoptée en 2024 et modifie les règles de composition, de dénomination et d’étiquetage de plusieurs produits courants.
| Produit | Règle précédente | Nouvelle règle générale | Ce qu’il faut regarder |
|---|---|---|---|
| Miel provenant de plusieurs pays | Les pays devaient déjà être nommés pour les mélanges conditionnés en France, mais des mentions génériques restaient possibles pour certains miels conditionnés ailleurs dans l’Union européenne | Tous les pays de récolte doivent être indiqués dans le champ visuel principal, par ordre décroissant, avec leur pourcentage | La liste complète des pays et la part de chacun |
| Confiture | 350 grammes de fruits par kilogramme de produit fini | 450 grammes par kilogramme | La quantité de fruits, les sucres et le prix au kilogramme |
| Confiture extra | 450 grammes de fruits par kilogramme | 500 grammes par kilogramme | La teneur en fruits et l’écart de prix avec une confiture classique |
| Jus à teneur réduite en sucres | Catégorie réglementaire inexistante | Au moins 30 % de sucres naturellement présents en moins | La teneur en sucres pour 100 millilitres et la dénomination exacte |
Les seuils de 450 et 500 grammes correspondent au cas général. Des niveaux différents restent prévus pour certains fruits, notamment le cassis, le coing, le gingembre, l’anacarde ou le fruit de la passion.
Miel : les pays étaient parfois déjà indiqués, les pourcentages deviennent décisifs
Depuis 2022, un mélange de miels conditionné en France devait déjà mentionner les pays dans lesquels le miel avait été récolté. En revanche, certains mélanges conditionnés dans un autre pays de l’Union européenne pouvaient encore porter une indication générale comme « mélange de miels originaires et non originaires de l’Union européenne ».
Depuis le 14 juin, les exigences s’appliquent aux miels mis sur le marché français. Lorsque le produit vient de plusieurs pays, leurs noms doivent apparaître dans le champ visuel principal, classés selon leur poids dans le mélange. Le pourcentage de chaque origine doit également être indiqué.
Exemple purement illustratif : un pot contenant 50 % de miel espagnol, 30 % de miel français et 20 % de miel ukrainien devra présenter ces trois origines dans cet ordre. Cette information permet de dépasser les drapeaux, paysages ou mentions valorisantes placés sur le devant du pot, qui ne renseignent pas toujours sur la composition exacte.
Le texte admet une marge d’erreur de 5 % du pourcentage attribué à chaque origine, calculée à partir des documents de traçabilité de l’opérateur. Pour une origine déclarée à 30 %, cette tolérance représente 1,5 point, et non cinq points. Les petits emballages de moins de 30 grammes peuvent utiliser les codes pays à deux lettres.
Cette transparence ne permet pas, à elle seule, de juger la qualité gustative, la rémunération des apiculteurs ou le lieu de conditionnement. Comme le rappelle la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, « récolté en France » et « mis en pot en France » ne décrivent pas la même chose. Il faut donc lire l’origine indépendamment de l’adresse du conditionneur.
Confitures : davantage de fruits dans le seuil minimal
Pour une confiture classique, la quantité minimale générale de fruits passe de 350 à 450 grammes pour 1 000 grammes de produit fini. Cela représente 100 grammes supplémentaires par kilogramme. Pour une confiture extra, le seuil progresse de 450 à 500 grammes.
Ce relèvement peut conduire certains fabricants à adapter leurs recettes, mais il ne permet pas d’affirmer que toutes les confitures présentes en rayon contiennent moins de sucre. Les fruits apportent eux-mêmes des sucres naturels et la quantité de sucres ajoutés varie selon les recettes.
Pour comparer deux pots, trois informations doivent être rapprochées : la quantité de fruits utilisée pour 100 grammes, la ligne « dont sucres » du tableau nutritionnel et le prix au kilogramme. Une confiture préparée avec davantage de fruits peut rester plus sucrée ou plus chère qu’une autre. L’appellation « extra » correspond à une définition plus exigeante, mais ne garantit pas le meilleur rapport qualité-prix.
Jus : trois mentions proches qui ne disent pas la même chose
La réforme crée trois catégories : jus de fruits à teneur réduite en sucres, jus de fruits à base de concentré à teneur réduite en sucres et jus concentré à teneur réduite en sucres. La diminution doit atteindre au moins 30 % des sucres naturellement présents par rapport à un jus de référence, tout en préservant ses principales caractéristiques.
Les procédés prévus comprennent notamment la filtration sur membrane et la fermentation à la levure. Les édulcorants ne sont pas autorisés dans ces nouvelles catégories de jus, contrairement aux nectars de fruits, qui obéissent à des règles différentes.
Trois formulations ne doivent pas être confondues :
« À teneur réduite en sucres » signifie qu’une partie des sucres naturellement présents a été retirée.
« Sans sucres ajoutés » signifie qu’aucun sucre ni ingrédient utilisé pour son pouvoir sucrant n’a été ajouté, mais le fruit contient naturellement du sucre.
« Les jus de fruits ne contiennent que des sucres naturellement présents » rappelle l’origine de ces sucres. Cette phrase ne signifie ni « sans sucre », ni « faible teneur en sucres ».
Un jus affichant 8 grammes de sucres pour 100 millilitres en apporte 16 grammes dans un verre de 200 millilitres. La donnée déterminante reste donc la valeur nutritionnelle, rapportée à la portion effectivement bue. Les consommateurs peuvent également consulter les informations obligatoires de l’étiquetage alimentaire pour vérifier la composition, la quantité et les valeurs nutritionnelles du produit.
Pourquoi les anciennes étiquettes peuvent encore rester en rayon
Le décret s’applique aux produits mis sur le marché depuis le 14 juin. Ceux qui avaient été étiquetés ou commercialisés avant cette date conformément aux anciennes règles peuvent continuer à être vendus jusqu’à épuisement des stocks.
Deux emballages différents pourront donc coexister légalement pendant une période impossible à fixer de manière uniforme. La transition sera probablement plus rapide pour les références très vendues que pour les produits à rotation lente. L’absence des nouvelles mentions ne prouve donc pas automatiquement une infraction.
Dans un même rayon, un miel affichant tous les pourcentages pourra côtoyer un ancien emballage comportant moins de détails. Il faudra distinguer un stock relevant encore de l’ancien régime d’un produit nouvellement mis sur le marché avec un étiquetage incomplet.
Ce qu’il faut vérifier avant de choisir
Pour le miel, regardez la liste complète des pays, leur ordre et leurs pourcentages. Ne vous fiez pas uniquement à un drapeau, à une carte ou à l’adresse du conditionneur.
Pour la confiture, comparez la quantité de fruits, les sucres pour 100 grammes et le prix au kilogramme. Le mot « extra » apporte une information réglementaire, mais ne remplace pas cette comparaison.
Pour les jus, vérifiez la dénomination exacte et la ligne « dont sucres » pour 100 millilitres. Une baisse de 30 % ne transforme pas automatiquement le produit en boisson peu sucrée.
Les nouvelles règles améliorent la transparence, sans garantir une baisse de prix, une meilleure qualité générale ou un bénéfice nutritionnel automatique. L’étiquette devient plus informative, mais la décision d’achat doit toujours croiser composition, quantité, origine et prix unitaire.

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