Les travailleurs éligibles disposent finalement jusqu’au 30 septembre 2026 inclus pour demander l’indemnité carburant de 100 €. Le nouveau délai, officialisé par un arrêté du 8 septembre publié au Journal officiel, ne modifie ni le plafond de ressources, ni les règles concernant les déplacements professionnels et le véhicule. Certaines situations restent pourtant moins évidentes qu’elles n’y paraissent, notamment pour les trajets exactement situés aux seuils kilométriques retenus par l’administration.
Deux reports successifs pour déposer la demande
Le dispositif devait initialement fermer le 30 juillet. Son échéance a d’abord été repoussée au 31 août, puis au 30 septembre 2026. Le ministère de l’Économie confirme cette dernière échéance sur sa page consacrée à l’aide destinée aux travailleurs dits « grands rouleurs ».
Le montant reste fixé à 100 €. L’indemnité avait été créée à hauteur de 50 €, avant d’être doublée par le décret du 28 mai 2026. Le Gouvernement présente ces 100 € comme l’équivalent moyen d’une réduction de 20 centimes par litre pendant six mois. Cette comparaison sert à donner un ordre de grandeur : aucune remise de 20 centimes n’est appliquée directement lors du passage à la pompe. Le bénéficiaire reçoit un versement forfaitaire unique.
Le report du calendrier laisse donc davantage de temps aux personnes qui remplissent déjà les critères. Il n’élargit pas les conditions d’accès au dispositif.
Le plafond de 16 880 € se calcule par part fiscale
L’éligibilité dépend d’abord de la situation fiscale et professionnelle en 2024. Le demandeur doit avoir été domicilié fiscalement en France, avoir eu au moins 16 ans au 31 décembre 2024 et avoir déclaré un revenu d’activité entrant dans les catégories retenues par le dispositif.
Sont notamment concernés les traitements et salaires, hors allocations chômage et préretraite, ainsi que les bénéfices industriels et commerciaux, les bénéfices non commerciaux et les bénéfices agricoles. Les personnes redevables de l’impôt sur la fortune immobilière au titre de 2024 sont exclues.
Le critère de ressources repose sur le revenu fiscal de référence par part, plafonné à 16 880 €. Le revenu fiscal de référence et le nombre de parts figurent sur l’avis d’impôt établi en 2025 sur les revenus de 2024.
Un foyer affichant 30 000 € de revenu fiscal de référence avec deux parts arrive ainsi à 15 000 € par part. Il respecte le plafond financier. Le versement des 100 € dépend encore des autres conditions, notamment du véhicule utilisé et de la distance parcourue pour travailler.
Les seuils de 15 km et 8 000 km ne se cumulent pas
Deux situations distinctes permettent de remplir la condition liée aux déplacements professionnels.
Le décret vise d’abord une distance supérieure à 15 km par trajet entre le domicile et le lieu de travail, soit plus de 30 km pour un aller-retour. Une salariée qui habite à 22 km de son entreprise entre dans cette catégorie si les autres critères sont remplis.
La seconde voie concerne les personnes parcourant plus de 8 000 km par an dans le cadre de leur activité professionnelle, trajets domicile-travail compris. Un indépendant travaillant à huit kilomètres de son domicile peut ainsi relever du dispositif si ses autres déplacements professionnels lui permettent de dépasser ce kilométrage annuel.
Les deux seuils ne sont donc pas à respecter simultanément.
Une différence persiste toutefois entre les documents officiels. Le décret et la page actuelle du ministère de l’Économie parlent d’une distance ou d’un kilométrage supérieurs à 15 km et 8 000 km. La foire aux questions de la Direction générale des finances publiques emploie pour sa part les expressions « au moins 15 km » et « au moins 8 000 km ».
Une personne située exactement à 15 km de son lieu de travail ou exactement à 8 000 km professionnels sur l’année a donc intérêt à vérifier son résultat dans le simulateur officiel et à demander confirmation à l’administration plutôt que de conclure seule à son éligibilité.
Une voiture appartenant à un proche peut ouvrir droit aux 100 €
Le véhicule utilisé n’a pas obligatoirement à appartenir au demandeur. La DGFiP précise que l’usage est déterminant. Une personne qui se rend au travail avec la voiture d’un conjoint ou d’un proche peut donc bénéficier de l’indemnité si toutes les autres conditions sont respectées. Les véhicules de location sont également admis.
L’assurance n’a pas non plus à être souscrite au nom du bénéficiaire. Le véhicule doit en revanche être régulièrement assuré et utilisé à des fins professionnelles.
Le dispositif concerne notamment les voitures, motos et scooters dotés d’une motorisation thermique ou hybride non rechargeable. Les véhicules électriques, les véhicules fonctionnant exclusivement à l’hydrogène, les poids lourds, les véhicules agricoles, certains quadricycles lourds ainsi que les véhicules de fonction ou de service sont exclus.
Un même véhicule ne peut donner lieu qu’à une indemnité. Deux membres d’un couple utilisant quotidiennement la même voiture ne peuvent donc pas obtenir chacun 100 € au titre de ce véhicule.
La demande ne nécessite aucun justificatif de kilométrage au départ
La procédure est entièrement dématérialisée. Le service officiel d’impots.gouv.fr permet d’effectuer un premier contrôle de la situation avant d’accéder au formulaire. Un espace Finances publiques actif est nécessaire.
Le formulaire demande notamment l’état civil, le numéro fiscal et les informations relatives au véhicule. Pour les cartes grises utilisant le format d’immatriculation actuel, le numéro de formule peut également être demandé.
Aucun document attestant le kilométrage n’est joint au dossier lors du dépôt. Le demandeur certifie l’exactitude des informations renseignées, tandis que certaines conditions sont contrôlées directement à partir des données détenues par l’administration.
Cette procédure dématérialisée fournit aussi un repère utile face aux tentatives d’hameçonnage. Le versement de l’aide ne nécessite pas l’envoi d’un numéro de carte bancaire par courriel ou par SMS. Les coordonnées bancaires utilisées sont celles connues de l’administration fiscale.
Un contrôle reste possible pendant cinq ans
L’absence de pièces justificatives lors de la demande ne met pas fin aux obligations du bénéficiaire après le versement. Les documents permettant de démontrer le respect des critères doivent être conservés pendant cinq ans à compter du paiement de l’aide.
L’administration dispose de cette période pour contrôler l’éligibilité. Lorsqu’elle réclame des pièces, le bénéficiaire dispose d’un mois pour les transmettre. Les documents liés au véhicule et à son assurance ainsi que les éléments permettant d’établir les déplacements professionnels déclarés méritent donc d’être conservés.
Une aide obtenue à tort peut être récupérée. Le ministère de l’Économie indique également une majoration de 50 % en cas de manquement délibéré et de 100 % en cas de manœuvres frauduleuses. Ces sanctions donnent une portée particulière aux déclarations de kilométrage faites lors de la demande.
Les personnes clairement au-dessus des seuils de distance ou de kilométrage, sous le plafond de 16 880 € par part et répondant aux autres critères disposent jusqu’au 30 septembre 2026 inclus pour transmettre leur dossier. Les cas exactement situés à 15 km ou 8 000 km restent, en raison des formulations divergentes des documents officiels, à confirmer auprès de l’administration.

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