Le prix du gazole baisse dans la majorité des stations, avec de fortes disparités entre enseignes

Les prix du gazole reculent, mais certaines régions restent touchées par les ruptures
Le prix du gazole poursuit son recul, tandis que l’approvisionnement reste irrégulier dans certaines régions.

Le prix du gazole s’établissait à 2,253 € le litre en moyenne dans deux relevés publiés le 3 novembre 2026, après plusieurs jours de baisse dans les stations-service françaises. E.Leclerc et Intermarché figurent parmi les réseaux ayant le plus réduit leurs tarifs, mais les écarts restent marqués d’une enseigne à l’autre. L’approvisionnement demeure également irrégulier : mardi matin, 13 % des stations suivies par le gouvernement connaissaient encore des difficultés sur au moins un carburant.

Deux relevés situent le gazole à 2,253 € le litre

La diminution annoncée en octobre est désormais mesurable. Le 3 novembre, PrixCarbu affichait un prix moyen de 2,253 € le litre, en recul de 12,5 centimes sur sept jours. Son calcul reposait sur 8 044 stations disposant d’un tarif récent.

À 12 h 30, PrixCarburantDuJour publiait exactement la même moyenne, établie à partir de 7 847 stations dont le prix avait été déclaré au cours des sept derniers jours.

La concordance est notable, sans constituer une double vérification indépendante des tarifs à la pompe. Les deux comparateurs utilisent les informations transmises par les exploitants au système public des prix des carburants. Leurs critères de sélection peuvent différer, notamment selon l’ancienneté des déclarations et les ruptures signalées.

Les premières réductions étaient déjà largement déployées lundi. Chiffrex avait alors relevé une baisse dans 5 694 des 8 657 stations comparées, soit 66 %. La diminution moyenne atteignait 11,1 centimes par litre, avec 4 009 stations affichant au moins 15 centimes de moins que leur prix de référence du 30 octobre.

Ces statistiques décrivent des ensembles de stations distincts. Elles ne mesurent ni une baisse identique dans chaque point de vente ni l’évolution du montant réellement payé par l’ensemble des automobilistes. Les moyennes publiées ne sont pas pondérées par les volumes de gazole vendus.

E.Leclerc et Intermarché ont réduit leurs prix d’environ 20 centimes

L’ampleur des réductions varie considérablement entre les distributeurs. Dans le relevé Chiffrex du 2 novembre, E.Leclerc et Intermarché affichaient des diminutions moyennes proches de 20 centimes par litre. Carrefour enregistrait une baisse nettement plus limitée.

Enseigne Stations comparées Gazole moyen au 2 novembre Baisse moyenne
E.Leclerc 720 2,191 €/L 20,5 ct/L
Intermarché 1 594 2,210 €/L 19,5 ct/L
Auchan 247 2,253 €/L 15,7 ct/L
Système U 853 2,297 €/L 10,3 ct/L
TotalEnergies Access 213 2,170 €/L 8,1 ct/L
Carrefour 1 339 2,331 €/L 8,0 ct/L
Source : Chiffrex, relevé du 2 novembre 2026. Les chiffres portent sur les stations comparables identifiées dans chaque réseau et ne représentent pas les prix actualisés du 3 novembre.

Chez E.Leclerc, 97 % des stations étudiées avaient diminué leur prix, contre 95 % chez Intermarché. La proportion tombait à 47 % chez Carrefour, signe d’une application encore très variable selon les points de vente.

Mais l’ampleur de la réduction ne suffit pas à classer les réseaux du moins cher au plus cher. TotalEnergies Access, dont la baisse moyenne atteignait 8,1 centimes, affichait un litre à 2,170 €, inférieur au tarif moyen d’E.Leclerc dans cet échantillon. Ses prix de départ étaient déjà plus faibles.

La représentativité des relevés mérite aussi d’être examinée. Chiffrex a comparé 213 stations Access, alors que TotalEnergies avait annoncé une baisse dans les 705 stations de ce réseau. Le prix moyen observé ne peut donc pas être étendu sans réserve à l’ensemble des points de vente concernés.

Des ruptures encore fréquentes dans le Grand Est et en Île-de-France

La baisse des prix s’accompagne d’une situation d’approvisionnement contrastée, même si les difficultés reculent à l’échelle nationale.

Le 3 novembre à 9 heures, le portail gouvernemental signalait 13 % de stations en difficulté sur au moins un carburant, contre 16 % le 1er novembre à 17 heures.

Le Grand Est demeurait particulièrement concerné, avec 22 % de stations en difficulté. L’Île-de-France atteignait 19 %, le Centre-Val de Loire 15 % et la Provence-Alpes-Côte d’Azur 8 %.

Ces taux officiels demandent une lecture précise. L’administration comptabilise les stations qui manquent de gazole ou de l’ensemble des catégories d’essence qu’elles distribuent. Une station privée de SP98 mais proposant encore une autre essence n’entre donc pas nécessairement dans la catégorie des ruptures d’essence.

Cette méthode explique une partie des écarts avec les chiffres des comparateurs, qui suivent parfois chaque carburant séparément.

Pour un automobiliste roulant au diesel, la disponibilité du gazole dans la station recherchée reste l’information déterminante. Une difficulté concernant uniquement l’essence ne l’empêche pas d’y faire le plein.

Les déclarations sont susceptibles de changer rapidement après une livraison. Les données disponibles ne permettent pas davantage d’attribuer directement les ruptures aux baisses tarifaires : les stocks, les approvisionnements et la demande locale influencent également la situation.

Sept euros séparent les moyennes d’E.Leclerc et de Carrefour sur 50 litres

Le tableau des enseignes permet de mesurer l’importance budgétaire des écarts, sans préjuger des prix pratiqués près de chaque automobiliste.

Au 2 novembre, les moyennes de Chiffrex s’établissaient à 2,191 € chez E.Leclerc et à 2,331 € chez Carrefour. Pour un plein illustratif de 50 litres, les montants correspondants sont de 109,55 € et 116,55 €, soit une différence théorique de sept euros.

Ce calcul compare deux réseaux nationaux, pas deux stations situées dans une même commune. Les tarifs locaux peuvent être beaucoup plus proches, voire inverser le classement.

Le volume acheté compte également. Avec cinq centimes d’écart par litre, un appoint de 20 litres représente un euro de différence. Sur 60 litres, l’écart atteint trois euros.

La station la moins chère sur un comparateur n’offre donc pas systématiquement le plein le plus économique, particulièrement lorsqu’un déplacement supplémentaire est nécessaire ou que le gazole y est indisponible.

Les stocks stratégiques visent une baisse de 12 à 18 centimes

Le dispositif gouvernemental constitue l’un des éléments à l’origine du mouvement tarifaire.

Dans un communiqué publié le 7 octobre, le ministère de l’Économie annonçait la mobilisation de 10 millions de barils de gazole provenant des stocks stratégiques français. La mise à disposition de ces volumes, acquis à un coût historique inférieur aux conditions du marché, devait permettre une diminution estimée entre 12 et 18 centimes par litre pendant trois mois.

Cette fourchette correspond à un objectif annoncé, non à une remise uniforme applicable à toutes les pompes.

Le décret du 23 octobre 2026 encadre la répercussion de l’avantage économique jusqu’au client final. L’arrêté du 26 octobre oblige également les distributeurs concernés à afficher le montant répercuté de manière visible et lisible, en centimes toutes taxes comprises par litre, avec une décimale.

Cet avantage affiché fait partie du mécanisme de réduction du prix : il ne constitue pas une remise supplémentaire à soustraire une seconde fois du tarif payé.

Les marchés pétroliers et les conditions d’approvisionnement continuent par ailleurs d’influencer les prix. Les relevés confirment leur recul, sans permettre d’isoler exactement la contribution du déstockage stratégique.

Le portail officiel permet de contrôler le gazole disponible sur son trajet

Pour comparer les stations accessibles, le site gouvernemental des prix des carburants propose une recherche par commune, code postal, département ou itinéraire.

Après sélection du gazole B7, les résultats présentent les tarifs déclarés par les exploitants. Leur date de mise à jour permet d’évaluer la fraîcheur de l’information. Un prix transmis plusieurs jours auparavant offre moins de garanties sur le montant susceptible d’être affiché au moment du passage.

Le portail renseigne aussi la disponibilité des carburants : « S » correspond à un produit déclaré en stock, « R » à une rupture et « ND » à un carburant non distribué.

Ces indications reposent sur les déclarations des stations, et non sur une vérification physique permanente. Une livraison ou une nouvelle rupture peut modifier la situation entre la consultation et l’arrivée de l’automobiliste.

Dans les zones encore touchées par les difficultés d’approvisionnement, la recherche peut ainsi être limitée aux stations qui déclarent disposer de gazole, avant de comparer leurs prix et leur emplacement.

Économiste de formation, diplômé d’un Master en Économie de l’Entreprise et des Marchés par l'Université Sorbonne Paris Nord. Mon parcours professionnel a été façonné par la grande distribution et par une expérience au sein de l’Institut National de la Consommation.

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