Plusieurs incidents impliquant des jouets Squishy, dont des éclatements et des brûlures, ont conduit la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) à publier une mise en garde nationale. Cette alerte intervient après l’ouverture d’une enquête judiciaire concernant un enfant de 8 ans grièvement brûlé dans le Pas-de-Calais. Aucun rappel général de ces jouets n’est annoncé à ce stade, mais cela ne signifie pas que tous les modèles ont été déclarés sûrs : les expertises doivent précisément déterminer leur conformité.
Une enquête ouverte après les graves brûlures d’un enfant de 8 ans
L’accident qui a replacé les Squishy sous surveillance s’est produit le 24 juillet. Selon le parquet de Saint-Omer, cité par Le Parisien avec l’Agence France-Presse (AFP), un garçon de 8 ans a subi des brûlures du deuxième degré au visage et au thorax alors qu’il utilisait une balle de type Squishy, un jouet souple destiné à être pressé et malaxé.
Une enquête pour blessures involontaires a depuis été ouverte. Le parquet indique que les faits ont entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois et que les investigations doivent encore déterminer les circonstances exactes de l’incident, notamment s’il peut être imputé à une défectuosité du produit.
Dans ce contexte judiciaire, l’incapacité totale de travail est une notion médico-légale. Pour un mineur, elle ne correspond pas à un arrêt professionnel : elle permet notamment d’apprécier la période pendant laquelle les blessures empêchent l’enfant de mener normalement ses activités quotidiennes.
La gravité des blessures est donc établie, mais leur cause technique ne l’est pas encore. Aucun résultat actuellement publié ne permet d’attribuer l’accident à une substance particulière, ni d’en conclure que l’ensemble des Squishy commercialisés en France présente le même risque.
Plusieurs marques sous analyse, mais aucun rappel général à ce stade
La DGCCRF a publié le 10 août une mise en garde consacrée à ces jouets. L’administration indique avoir reçu plusieurs signalements concernant des Squishy ou des contrefaçons, notamment pour des éclatements et des brûlures.
Ses investigations portent sur des produits commercialisés sous différentes marques et sous plusieurs formes, parmi lesquelles des modèles « dumpling », « bun » ou cube. L’administration n’a cependant pas publié de liste de références considérées comme dangereuses.
À ce stade, il s’agit donc d’une alerte de prudence et d’investigations en cours, pas d’un rappel de tous les Squishy. La DGCCRF indique que des retraits ou rappels pourront intervenir si certains produits sont finalement reconnus non conformes ou dangereux.
| Ce qui est établi | Ce qui reste à déterminer | Conséquence |
|---|---|---|
| Plusieurs incidents ont été signalés | La cause exacte de l’accident du Pas-de-Calais | Ne pas généraliser à tous les produits |
| Plusieurs modèles et marques sont analysés | La conformité de chacun des modèles contrôlés | Attendre les résultats officiels |
| Une enquête judiciaire est ouverte | Une éventuelle défectuosité du jouet impliqué | Ne pas attribuer prématurément une responsabilité |
| Des rappels ciblés restent possibles | Les références qui pourraient être concernées | Suivre les prochaines alertes officielles |
L’absence de rappel général ne vaut donc pas validation de tous les jouets actuellement disponibles. Les analyses servent justement à déterminer si certaines références respectent ou non les exigences de sécurité.
Micro-ondes et sources de chaleur sont à proscrire
Une partie de la mise en garde concerne directement l’usage de ces jouets. La DGCCRF demande notamment de ne pas reproduire certaines expériences montrées sur les réseaux sociaux, comme le passage d’un Squishy au micro-ondes.
Elle recommande de ne pas chauffer ces produits, de ne pas les exposer volontairement à une source de chaleur et de respecter les conditions d’utilisation données par le fabricant.
L’état du jouet compte également. Avant l’achat, l’autorité conseille de contrôler son intégrité et l’absence de fissures visibles. Pendant son utilisation, une détérioration, même mineure, doit conduire à ne plus l’utiliser. Une odeur inhabituelle constitue également un signal d’alerte.
Ces précautions permettent de distinguer deux questions qui ne doivent pas être confondues : les expertises doivent établir si certains produits présentent eux-mêmes une non-conformité, tandis que certaines utilisations, notamment le chauffage, s’écartent déjà de l’usage prévu pour ces jouets.
Le marquage CE n’équivaut pas à un contrôle individuel du jouet
La DGCCRF recommande également de vérifier le marquage CE, l’âge indiqué sur l’emballage et les avertissements avant l’achat. Pour les jouets pouvant présenter un danger particulier pour les enfants de moins de 36 mois, un avertissement adapté doit apparaître, par exemple pour signaler qu’ils ne conviennent pas aux moins de 3 ans.
Le rôle du marquage CE est parfois mal compris. Sa présence signifie que le fabricant atteste que le jouet répond aux exigences réglementaires de sécurité et que les procédures d’évaluation de conformité ont été appliquées.
Cela ne signifie pas qu’un exemplaire donné a été examiné et validé individuellement par la DGCCRF avant d’arriver en rayon. L’administration réalise ses propres contrôles pour vérifier que les obligations réglementaires sont effectivement respectées.
Pour l’acheteur, le CE reste donc une mention indispensable à rechercher, mais il doit être complété par la lecture des avertissements, de l’âge recommandé et par un examen visuel du produit.
Un rappel au Royaume-Uni illustre le risque de confusion
Un autre jouet souple a déjà fait l’objet d’un rappel outre-Manche. Le 25 juin, l’Office for Product Safety and Standards britannique a publié une alerte concernant un produit baptisé « Squeezy Dumplings », vendu par Samsons Cash and Carry Ltd.
Les analyses avaient détecté 20 mg/kg de benzène dans sa couche extérieure. Le risque chimique avait alors été classé comme sérieux et le distributeur avait rappelé le produit auprès des utilisateurs.
Ce précédent montre comment une analyse défavorable peut aboutir à une mesure ciblée sur une référence précisément identifiée. Il ne permet en revanche de tirer aucune conclusion sur la composition des Squishy actuellement examinés en France.
Aucun résultat publié par la DGCCRF n’indique aujourd’hui que les modèles français analysés présentent la même concentration de benzène. Le dossier britannique aide à comprendre la procédure qui peut mener à un rappel, pas à attribuer le même défaut aux produits contrôlés en France.
Un Squishy fissuré ou dégageant une odeur inhabituelle ne doit plus être utilisé
En l’absence de rappel général, la DGCCRF ne demande pas aux familles de rapporter indistinctement tous les Squishy. Elle recommande en revanche de respecter les conditions d’utilisation du fabricant, de ne jamais chauffer le jouet et d’en surveiller l’état.
Une fissure, une détérioration ou une odeur anormale doit conduire à ne plus l’utiliser. Il faut également contrôler l’âge indiqué, les avertissements et la présence du marquage CE.
Lorsqu’un problème est constaté, les consommateurs peuvent en informer le vendeur et effectuer un signalement via SignalConso. Si un enfant présente une réaction cutanée après avoir manipulé le produit, la DGCCRF recommande de consulter un médecin.
Si les analyses françaises débouchent ensuite sur le rappel de références précises, les consommateurs pourront vérifier les produits concernés dans les communications officielles de la DGCCRF et sur RappelConso plutôt que de se fier à des listes circulant sur les réseaux sociaux.
L’alerte actuelle appelle donc à la vigilance sans justifier de considérer tous les Squishy comme dangereux. La situation changera si les expertises identifient des références non conformes : ce sont alors les modèles, marques et éventuels lots officiellement désignés qu’il faudra rechercher.

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