Adopt, Carrefour, Maxi Zoo et Normal dominent le classement des réseaux ayant le plus accru leur présence dans les sites commerciaux suivis par le baromètre Codata. Les dix enseignes citées cumulent 453 implantations nettes supplémentaires, mais ce total ne correspond pas à 453 magasins entièrement nouveaux. Rachats, transferts et changements de bannière peuvent modifier le parc d’une enseigne sans augmenter dans les mêmes proportions le choix offert aux consommateurs.
Dix réseaux concentrent 453 implantations nettes supplémentaires
Le classement présenté au Salon de l’immobilier des espaces commerciaux, le Siec, repose sur des données attribuées à Codata et à la Fédération des acteurs du commerce dans les territoires. Le tableau complet a été relayé par L’Express Franchise.
| Rang | Enseigne | Activité | Implantations recensées | Évolution nette indiquée |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Adopt | Parfumerie | 324 | +72 |
| 2 | Carrefour | Hypermarchés | 299 | +62 |
| 3 | Maxi Zoo | Animalerie | 405 | +57 |
| 4 | Normal | Hygiène et beauté | 202 | +53 |
| 5 | Lamy | Agences immobilières | 44 | +37 |
| 6 | Krys | Optique | 755 | +36 |
| 7 | Basic-Fit | Salles de sport | 537 | +35 |
| 8 | Burger King | Restauration rapide | 467 | +35 |
| 9 | Action | Discount non alimentaire | 722 | +33 |
| 10 | Cigusto | Produits de vapotage | 165 | +33 |
Le cumul des évolutions positives atteint 453 implantations. Les quatre premiers réseaux, Adopt, Carrefour, Maxi Zoo et Normal, en représentent 244, soit près de 54 %. Cette concentration montre le poids de la beauté, de l’animalerie, de la grande distribution et du discount dans le palmarès.
Elle ne signifie toutefois pas que ces secteurs ont créé à eux seuls 244 commerces supplémentaires. Le chiffre mesure la progression nette des enseignes dans le périmètre étudié, pas uniquement les inaugurations de locaux neufs ou précédemment vacants.
Le périmètre Codata n’est pas un recensement exhaustif de la France
Le Codata Digest France 2026 repose sur un recensement périodique de 4 000 sites commerciaux et de près de 300 000 emplacements. Les sites étudiés se trouvent dans des agglomérations de plus de 20 000 habitants et doivent représenter au minimum 10 000 mètres carrés de surface commerciale et 25 points de vente.
Codata précise également sa méthodologie de recensement de terrain, fondée sur des mises à jour régulières des commerces, des enseignes et des emplacements. Les nombres figurant dans le classement ne doivent donc pas être lus comme les parcs nationaux complets des réseaux. Certains établissements peuvent se situer hors du périmètre suivi ou appartenir à des formats comptabilisés différemment.
Une seconde réserve concerne les chiffres. Le communiqué primaire du Digest attribue une progression de 71 magasins à Adopt, de 61 à Carrefour et de 55 à Maxi Zoo. Le tableau présenté au Siec affiche respectivement 72, 62 et 57.
Ces écarts restent faibles, mais leur origine n’est pas précisée. Ils peuvent provenir d’une actualisation, d’une date d’arrêt différente ou d’un ajustement du périmètre. La version du salon est utilisée pour présenter le top 10 complet, sans masquer cette divergence.
« Évolution nette » ne signifie pas « nouvelles ouvertures »
Pour connaître la croissance réelle d’un réseau, il faut distinguer plusieurs mouvements qui n’ont pas le même effet pour les habitants.
| Type de mouvement | Ce qui change pour le consommateur |
|---|---|
| Création dans un local neuf ou vacant | Une offre supplémentaire peut apparaître dans la zone. |
| Remplacement d’un autre commerce | Le choix change, mais le nombre de magasins n’augmente pas nécessairement. |
| Transfert vers une nouvelle adresse | L’accès peut s’améliorer sans création nette de commerce. |
| Changement d’enseigne | Le magasin reste, mais l’assortiment et les conditions commerciales peuvent évoluer. |
| Rachat d’un réseau | Une bannière progresse tandis que le nombre d’opérateurs concurrents peut diminuer. |
| Fermeture compensée par une ouverture | Le solde reste stable malgré deux événements commerciaux distincts. |
Le tableau public ne détaille pas, pour chaque enseigne, le nombre d’ouvertures brutes, de fermetures, de transferts et de conversions. Il permet d’identifier les réseaux qui gagnent des implantations dans le périmètre Codata, mais pas ceux qui ont créé le plus de magasins entièrement nouveaux.
Aucune baisse de prix ne peut être déduite du seul nombre d’implantations. Une enseigne plus présente peut intensifier la concurrence locale, mais elle peut aussi remplacer un acteur existant sans ajouter d’alternative.
Carrefour : une progression principalement liée aux anciens Cora
Carrefour illustre le mieux cette différence. Le groupe a acquis les activités françaises de Louis Delhaize, qui comprenaient 60 hypermarchés Cora et 115 supermarchés Match.
Les 60 hypermarchés Cora ont ensuite été convertis sous enseigne Carrefour en trois vagues à partir d’octobre 2024. Les magasins, leurs surfaces de vente et leurs parkings existaient déjà. Leur passage sous une nouvelle bannière a notamment entraîné l’introduction progressive de l’offre, des marques propres et des dispositifs commerciaux de Carrefour.
La progression de 61 ou 62 hypermarchés attribuée à Carrefour correspond donc principalement à l’extension de sa bannière. Elle ne traduit pas la construction ou l’ouverture d’une soixantaine d’hypermarchés supplémentaires.
Cette opération a aussi eu des conséquences sur la concurrence locale. L’Autorité de la concurrence a identifié des risques dans huit marchés locaux, situés notamment autour de Soissons, Vichy, Nancy, Publier et Les Pavillons-sous-Bois. Elle estimait que le renforcement de Carrefour pouvait, dans ces zones, réduire la diversité de l’offre, dégrader la qualité du service ou favoriser une hausse des prix.
L’opération a été autorisée sous réserve de la cession de sept magasins à des concurrents et de la résiliation d’un contrat de franchise au profit d’une autre enseigne. Ces magasins ne devaient pas fermer, mais être repris sous une bannière concurrente afin de préserver une alternative locale.
Des réseaux progressent alors que la vacance commerciale augmente
Le top 10 réunit des secteurs très différents : parfumerie, animalerie, discount, immobilier, optique, sport et restauration rapide. Il confirme que certains concepts continuent de gagner du terrain malgré un environnement commercial globalement plus difficile.
Selon Codata, le taux de vacance commerciale est passé de 10,7 % en 2024 à 11,6 % en 2025, soit une hausse de 0,9 point. La situation varie fortement selon les formats : la vacance atteint 16,8 % dans les centres commerciaux, 11,7 % en pied d’immeuble et 8,4 % dans les zones commerciales.
Ces résultats montrent une recomposition plutôt qu’une croissance uniforme. Les zones commerciales restent les moins touchées par les locaux vides, ce qui peut favoriser les réseaux capables d’y exploiter des surfaces standardisées et facilement accessibles en voiture.
En parallèle, les consommateurs peuvent voir disparaître des commerces indépendants ou des enseignes moins dynamiques. L’arrivée de plusieurs réseaux connus ne suffit donc pas à prouver que l’offre globale se diversifie.
En pratique : comment savoir si une nouvelle enseigne est réellement intéressante
Lorsqu’une ouverture est annoncée près de chez soi, la première vérification consiste à rechercher l’ancien occupant du local. Cette information permet de savoir s’il s’agit d’une création, d’un transfert ou d’un simple changement de bannière.
Il faut ensuite adapter la comparaison au secteur concerné :
| Type d’enseigne | Éléments à vérifier |
|---|---|
| Discount, beauté ou animalerie | Prix à l’unité, contenances, disponibilité des références et promotions différées. |
| Salle de sport | Frais d’adhésion, durée d’engagement, résiliation, horaires et services inclus. |
| Opticien | Devis détaillé, options des verres, garanties et reste à charge. |
| Agence immobilière | Honoraires, services inclus, exclusivité et durée du mandat. |
| Restauration rapide | Prix hors promotion, taille des portions et composition des menus. |
Pour un magasin vendant des produits, un petit panier d’au moins cinq références identiques ou comparables fournit un premier ordre de grandeur. Les prix doivent être relevés après les promotions d’inauguration et comparés au litre, au kilogramme ou à l’unité. Le coût du déplacement doit aussi être pris en compte, surtout lorsque la nouvelle implantation se situe dans une zone commerciale périphérique.
Le classement place Adopt en tête de la version présentée au Siec et montre que dix réseaux gagnent ensemble plusieurs centaines d’implantations. Il ne permet cependant pas d’identifier avec certitude celui qui a créé le plus de commerces entièrement nouveaux. Pour le consommateur, le véritable indicateur reste l’ajout local de choix, de services et de concurrence, et non le seul nombre de magasins affiché par une enseigne.

Soyez le premier à commenter