Adopt arrive en tête du classement des enseignes ayant le plus accru leur présence dans les sites commerciaux suivis par Codata, devant Carrefour, Maxi Zoo et Normal. Les dix réseaux présentés lors du Salon de l’immobilier des espaces commerciaux, le Siec, totalisent 453 implantations nettes supplémentaires. Cette progression additionne plusieurs types de mouvements commerciaux, notamment des créations, des transferts, des conversions d’enseignes ou des rachats de réseaux déjà existants.
Adopt gagne 72 implantations dans le classement présenté au Siec
Le tableau présenté au Siec, à partir de données attribuées à Codata et à la Fédération des acteurs du commerce dans les territoires, place Adopt en première position avec 324 implantations recensées et un gain net de 72 sites. L’Express Franchise a relayé l’ensemble de ce classement.
| Rang | Enseigne | Activité | Implantations recensées | Progression nette |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Adopt | Parfumerie | 324 | +72 |
| 2 | Carrefour | Hypermarchés | 299 | +62 |
| 3 | Maxi Zoo | Animalerie | 405 | +57 |
| 4 | Normal | Hygiène et beauté | 202 | +53 |
| 5 | Lamy | Agences immobilières | 44 | +37 |
| 6 | Krys | Optique | 755 | +36 |
| 7 | Basic-Fit | Salles de sport | 537 | +35 |
| 8 | Burger King | Restauration rapide | 467 | +35 |
| 9 | Action | Discount non alimentaire | 722 | +33 |
| 10 | Cigusto | Produits de vapotage | 165 | +33 |
Les quatre premiers réseaux concentrent 244 implantations supplémentaires, soit près de 54 % du gain cumulé du top 10. Le palmarès fait ainsi ressortir plusieurs secteurs particulièrement offensifs dans leur développement : parfumerie, animalerie, hygiène-beauté, grande distribution et discount.
Les chiffres publiés auparavant par Codata diffèrent légèrement pour les trois premières enseignes. Le communiqué consacré au Digest attribue une hausse de 71 magasins à Adopt, de 61 à Carrefour et de 55 à Maxi Zoo, contre respectivement 72, 62 et 57 dans le tableau diffusé au Siec.
L’origine de ces écarts n’est pas détaillée dans les éléments disponibles. Une actualisation entre les deux publications, une date d’arrêt différente ou un ajustement du périmètre figurent parmi les explications possibles, sans qu’aucune puisse être retenue comme certaine.
Codata suit 4 000 sites commerciaux et près de 300 000 emplacements
Le Codata Digest France 2026 repose sur le suivi périodique de 4 000 sites commerciaux représentant près de 300 000 emplacements. Les zones recensées se situent dans des agglomérations de plus de 20 000 habitants et doivent atteindre au moins 10 000 mètres carrés de surface commerciale et 25 points de vente.
Codata décrit une méthodologie fondée sur des relevés réguliers des commerces, des enseignes et des emplacements. Le nombre d’implantations attribué à chaque réseau correspond donc au périmètre suivi par l’organisme et non nécessairement à l’intégralité de son parc français.
Cette distinction compte pour interpréter le classement. Un réseau présent dans des petites villes, dans des emplacements isolés ou dans des formats extérieurs au champ du baromètre peut disposer de davantage de points de vente que le total affiché ici.
Le classement mesure surtout le mouvement net observé entre deux périodes. Une enseigne qui ouvre 50 magasins et en ferme 20 affichera ainsi une progression de 30 implantations, tandis qu’un réseau reprenant des magasins existants sous sa propre bannière pourra fortement progresser sans création équivalente de nouvelles surfaces commerciales.
Carrefour progresse surtout grâce à la conversion des anciens hypermarchés Cora
Le cas de Carrefour donne une lecture plus précise du chiffre brut. Le groupe a acquis en France les activités de Louis Delhaize comprenant 60 hypermarchés Cora et 115 supermarchés Match.
Les 60 hypermarchés Cora ont ensuite été convertis sous enseigne Carrefour en trois vagues à partir d’octobre 2024. Les magasins, leurs surfaces commerciales et leurs parkings existaient déjà. Le changement de bannière a surtout modifié leur rattachement au réseau, leur assortiment et progressivement leur offre commerciale.
La progression de 61 ou 62 hypermarchés attribuée à Carrefour dans les données Codata reflète donc principalement cette opération de conversion. Elle ne correspond pas à la création d’une soixantaine d’hypermarchés supplémentaires sur le territoire.
Ce rachat a également été examiné sous l’angle de la concurrence. L’Autorité de la concurrence a identifié des risques dans huit marchés locaux, notamment autour de Soissons, Vichy, Nancy, Publier et Les Pavillons-sous-Bois. Elle estimait qu’un renforcement excessif de Carrefour pouvait réduire les alternatives disponibles localement, dégrader certains services ou favoriser des hausses de prix.
L’opération a finalement été autorisée sous conditions. Carrefour devait céder sept magasins à des concurrents et mettre fin à un contrat de franchise afin de maintenir une offre concurrente dans les zones concernées.
Ouverture, transfert et changement d’enseigne produisent des effets différents
Une progression nette peut recouvrir plusieurs situations. L’ouverture d’un commerce dans un local vide ajoute effectivement une nouvelle offre dans une zone. Un transfert déplace en revanche une activité déjà existante. Une conversion de bannière maintient le magasin à la même adresse tout en modifiant la marque, les références proposées ou les conditions commerciales.
Les rachats de réseaux brouillent encore davantage la lecture du nombre d’implantations. L’acquéreur gagne mécaniquement des magasins tandis que le nombre total de points de vente disponibles localement peut rester inchangé.
Le tableau public ne fournit pas, enseigne par enseigne, le détail des ouvertures, fermetures, transferts et conversions. Il permet donc d’identifier les réseaux dont la présence progresse dans le périmètre Codata, mais pas de classer avec certitude les enseignes ayant créé le plus grand nombre de magasins entièrement nouveaux.
Le nombre de points de vente n’apporte pas non plus d’indication directe sur les prix. Un nouvel entrant dans une zone peut renforcer la pression concurrentielle. Une simple substitution d’enseigne laisse en revanche le nombre d’alternatives commerciales inchangé, voire réduit la diversité lorsqu’elle résulte d’une concentration.
La vacance commerciale atteint 11,6 % dans le baromètre Codata
La progression des réseaux les plus dynamiques intervient alors que davantage de locaux restent vacants dans le périmètre étudié. Selon les données publiées par Codata, le taux de vacance commerciale est passé de 10,7 % en 2024 à 11,6 % en 2025, soit une augmentation de 0,9 point.
Les écarts sont marqués entre les différents formats commerciaux. Le taux atteint 16,8 % dans les centres commerciaux, contre 11,7 % pour les commerces en pied d’immeuble et 8,4 % dans les zones commerciales.
Ces données décrivent un marché où les trajectoires divergent fortement. Des chaînes comme Adopt, Normal, Action ou Maxi Zoo gagnent des emplacements pendant qu’une part croissante du parc étudié reste inoccupée.
Les zones commerciales, qui affichent la vacance la plus faible des trois catégories publiées, offrent notamment des emplacements susceptibles de convenir aux réseaux standardisés cherchant des surfaces facilement accessibles en voiture. Leur résistance relative ne préjuge cependant ni de la qualité de l’offre locale ni du nombre d’acteurs indépendants restant présents.
Un nouveau magasin mérite d’être comparé à l’offre qu’il remplace
L’impact local d’une implantation dépend d’abord de l’adresse concernée. Un magasin installé dans un local vacant ajoute une enseigne là où aucune activité n’était exploitée. Une arrivée à la place d’un concurrent modifie essentiellement la composition de l’offre existante.
La comparaison varie ensuite selon l’activité. Pour une enseigne de discount, de beauté ou d’animalerie, les prix à l’unité, les contenances et la disponibilité des références donnent une image plus fiable que les promotions d’ouverture. Dans une salle de sport, les frais d’adhésion, l’engagement, les conditions de résiliation et les services inclus pèsent davantage que le seul tarif mensuel.
Chez un opticien, le devis détaillé, les caractéristiques des verres, les garanties et le reste à charge permettent de comparer deux offres. Dans l’immobilier, les honoraires, la durée du mandat et les éventuelles clauses d’exclusivité doivent être rapprochés des prestations effectivement fournies.
Un relevé de plusieurs références comparables, effectué après les offres d’inauguration, permet également de mesurer l’effet d’une nouvelle enseigne sur les dépenses courantes. Le prix au kilogramme, au litre ou à l’unité évite notamment les comparaisons trompeuses entre conditionnements différents.
Le classement Codata apporte ainsi une mesure du dynamisme des réseaux dans les sites étudiés. Pour distinguer expansion commerciale et simple changement de bannière, le détail des ouvertures, fermetures, rachats et transferts reste déterminant.

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