Une nouvelle phase de réorganisation des heures creuses s’ouvre en novembre, selon une information publiée le 23 octobre 2026 par le Médiateur national de l’énergie. Pour les ménages concernés, certains appareils électriques devront être reprogrammés afin de continuer à fonctionner au tarif réduit. Avec les tarifs réglementés actuellement en vigueur, une mauvaise répartition des consommations peut même rendre l’option heures pleines/heures creuses moins intéressante que l’option Base.
Une nouvelle étape pour 9,3 millions de foyers jusqu’à fin 2027
La réforme des heures creuses, engagée en novembre 2025, entre dans une deuxième phase. D’après le Médiateur national de l’énergie, 1,7 million de clients ont déjà vu leurs horaires évoluer entre novembre 2025 et juin 2026. Le déploiement doit désormais se poursuivre auprès de 9,3 millions de foyers supplémentaires.
Enedis précise que 14,5 millions de clients disposent d’une offre heures pleines/heures creuses en France. Parmi eux, 3,5 millions bénéficient déjà d’horaires compatibles avec les nouvelles règles. Au total, environ 11 millions de clients sont concernés par la réorganisation engagée jusqu’à fin 2027.
Les dates annoncées diffèrent cependant selon les organismes. Énergie-Info, le service du Médiateur national de l’énergie, situe le début de la nouvelle phase au 1er novembre 2026. EDF indique que les modifications concernant ses clients existants restants auront lieu entre le 4 novembre 2026 et le 30 novembre 2027. Le calendrier présenté par Enedis mentionne pour sa part une deuxième phase de décembre 2026 à octobre 2027.
Ces indications concernent un déploiement progressif, et non une modification simultanée pour les 9,3 millions de foyers. Chaque abonné concerné doit être informé par son fournisseur au moins un mois avant le changement effectif de ses horaires.
Huit heures creuses maintenues, mais une répartition différente selon les saisons
La réforme conserve le principe de huit heures creuses quotidiennes, contre seize heures pleines. Les abonnés continuent donc de bénéficier de deux tarifs du kilowattheure, avec un prix inférieur pendant les périodes creuses.
La différence porte sur les horaires. Historiquement concentrées pendant la nuit, certaines plages seront déplacées vers le milieu de journée, lorsque la production d’électricité solaire est plus importante.
Entre le 1er avril et le 31 octobre, jusqu’à trois heures creuses peuvent ainsi être positionnées entre 11 heures et 17 heures. Enedis prévoit également au moins cinq heures creuses consécutives durant la nuit.
La répartition hivernale présente davantage de variations. Dans sa publication du 23 octobre, Énergie-Info évoque six heures nocturnes et deux heures en journée. EDF précise cependant que certains abonnés pourront conserver huit heures entièrement nocturnes, tandis que d’autres disposeront également d’une plage l’après-midi.
Les horaires attribués à un logement ne peuvent donc pas être déduits d’un calendrier général. Enedis les détermine selon les caractéristiques locales du réseau électrique. Deux habitations voisines peuvent bénéficier de créneaux différents, sans possibilité de choisir librement ceux de leur préférence.
EDF précise par ailleurs que ses clients ayant souscrit l’option Tempo ne sont pas concernés par cette réorganisation. Les nouvelles règles présentées ne s’appliquent pas en Corse ni dans les territoires d’outre-mer.
Le compteur Linky suit les nouveaux horaires, mais certaines minuteries restent inchangées
Pour les logements équipés d’un compteur Linky, la modification des plages horaires intervient à distance. Aucun remplacement de compteur n’est normalement nécessaire.
Le fonctionnement des appareils dépend toutefois de leur mode de programmation.
Un chauffe-eau électrique correctement raccordé à un contacteur jour/nuit commandé par Linky peut suivre les nouveaux créneaux sans intervention particulière. En revanche, un lave-linge programmé pour démarrer à 22 heures continuera à respecter cette consigne, même si 22 heures correspondent désormais à une heure pleine.
Le même problème peut concerner un lave-vaisselle à départ différé, une prise programmable ou une borne de recharge dont les horaires ont été définis indépendamment du compteur.
L’appareil fonctionnera normalement, mais l’électricité consommée pourra être facturée au tarif des heures pleines.
Cette différence a un coût mesurable. Avec les tarifs réglementés applicables depuis le 1er août 2026, chaque kilowattheure consommé en heures pleines coûte 0,0553 € de plus qu’en heures creuses. Le déplacement involontaire de 100 kWh d’une période creuse vers une période pleine représenterait ainsi 5,53 € supplémentaires, à tarif constant.
Pour un chauffe-eau ou une recharge régulière de véhicule électrique, les volumes concernés peuvent être nettement plus importants que pour un appareil électroménager utilisé occasionnellement.
Au Tarif Bleu, l’option devient avantageuse dès 25,5 % de consommation en heures creuses
Les nouveaux horaires n’entraînent aucune modification directe du principe tarifaire. Leur intérêt financier dépend surtout de la quantité d’électricité effectivement utilisée pendant les périodes les moins chères.
Une comparaison fondée sur le Tarif Bleu d’EDF permet de mesurer cet effet.
Depuis le 1er août 2026, pour une puissance souscrite de 6 kilovoltampères (kVA), le kilowattheure coûte 0,2001 € TTC en option Base, contre 0,2142 € en heures pleines et 0,1589 € en heures creuses. L’abonnement mensuel est identique dans les deux formules, à 15,86 € TTC.
Prenons un foyer consommant 4 000 kilowattheures (kWh) par an. Sa dépense annuelle varie selon la proportion utilisée pendant les heures creuses.
| Option tarifaire | Consommation en heures creuses | Facture annuelle simulée |
|---|---|---|
| Base | Sans distinction horaire | 990,72 € |
| Heures pleines/heures creuses | 25 % | 991,82 € |
| Heures pleines/heures creuses | 35 % | 969,70 € |
Avec cette grille, le seuil de rentabilité théorique de l’option heures creuses se situe autour de 25,5 % de la consommation annuelle.
À 25 %, le ménage étudié dépenserait 1,10 € de plus qu’avec l’option Base. À 35 %, son économie atteindrait 21,02 € sur l’année.
L’écart entre ces deux situations représente 22,12 €. Il correspond au déplacement de 400 kWh des heures pleines vers les heures creuses, sans diminution de la consommation totale.
Ces résultats ne constituent pas une estimation des économies moyennes attendues de la réforme. Ils concernent uniquement le Tarif Bleu 6 kVA étudié. Les abonnements et les prix du kilowattheure peuvent être différents avec d’autres contrats.
La consommation relevée sur douze mois permet de comparer les deux options
La rentabilité de l’option heures creuses peut être évaluée à partir des données présentes sur les factures ou dans l’espace de suivi du fournisseur.
Un abonné ayant consommé 1 200 kWh en heures creuses et 2 800 kWh en heures pleines sur douze mois a réalisé 30 % de sa consommation au tarif réduit.
Cette proportion permet de calculer le coût annuel de son contrat, puis de le comparer avec celui d’une option Base à consommation totale identique. Les prix de l’abonnement doivent être intégrés dans les deux calculs, particulièrement lorsqu’ils diffèrent.
Le Médiateur national de l’énergie met à disposition une calculette permettant d’effectuer cette comparaison. Elle peut notamment aider un ménage dont les habitudes ont changé ou qui dispose d’une offre de marché avec des tarifs différents de ceux d’EDF.
Le seuil de 25,5 % calculé précédemment ne doit pas être appliqué indistinctement à toutes les offres. Une formule comportant un abonnement plus élevé ou un écart de prix différent entre heures pleines et heures creuses aura son propre seuil de rentabilité.
La notification du fournisseur déterminera les réglages à modifier
Les abonnés disposant actuellement d’heures creuses entre 7 heures et 11 heures ou entre 17 heures et 23 heures sont particulièrement susceptibles de voir leurs plages évoluer, selon EDF.
La date exacte doit figurer dans l’information adressée par le fournisseur. Les nouveaux créneaux peuvent également être consultés sur la facture, dans l’espace client ou demandés au service clientèle.
Une fois cette date connue, les programmations indépendantes du compteur pourront être adaptées. Les ménages disposant d’horaires saisonniers devront également tenir compte du passage entre la période hivernale, du 1er novembre au 31 mars, et la période estivale, du 1er avril au 31 octobre.
Pour les foyers équipés d’un chauffe-eau asservi à Linky, un contrôle du bon fonctionnement du contacteur peut suffire. Les programmateurs horaires autonomes réclament, eux, une vérification distincte.
La décision de conserver ou de modifier son option tarifaire dépendra finalement de deux données propres à chaque logement : les nouvelles plages effectivement attribuées et la part de consommation que le ménage pourra continuer à y placer.

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