Promotions en grande distribution : E.Leclerc et Monoprix affichent des remises jusqu’à -80 % et jusqu’à 34 % en cagnotte

Promotions en grande distribution jusqu’à -80 % sur le deuxième produit
En grande distribution un même pourcentage peut cacher des mécanismes très différents selon l'enseigne. © Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les promotions en grande distribution prennent actuellement des formes très différentes. E.Leclerc et Monoprix affichent des réductions de 68 % ou 80 % sur le deuxième produit, tandis que Carrefour applique une baisse directe sur certaines références et qu’Intermarché crédite une partie de l’achat sur la carte de fidélité. Derrière des pourcentages parfois proches, la dépense immédiate et l’économie obtenue diffèrent fortement : acheter deux unités, payer moins directement ou récupérer quelques euros plus tard ne produit pas le même effet sur le budget.

Chez E.Leclerc, deux produits à -68 % sur le second coûtent encore 66 % du prix initial

Dans l’édition E.Leclerc consultée, valable du 13 au 24 octobre, plusieurs références alimentaires affichent 68 % de réduction sur la deuxième unité. Le taux porte uniquement sur ce second produit, pas sur l’ensemble du lot.

La soupe bio La Potagère est affichée à 2,39 euros pour la première unité et 0,76 euro pour la seconde. L’achat de deux produits revient ainsi à 3,15 euros, contre 4,78 euros hors promotion. L’économie atteint 1,63 euro, soit environ 34 % sur la paire.

La même mécanique apparaît sur la purée Mousline : 2,56 euros pour la première unité, 0,82 euro pour la seconde et 3,38 euros à débourser pour les deux, au lieu de 5,12 euros. Pour les petits pois D’Aucy, les montants affichés sont de 5,25 euros puis 1,68 euro, soit 6,93 euros au total contre 10,50 euros sans réduction.

Ces trois exemples permettent de mesurer la remise, pas de comparer leur compétitivité avec d’autres références. Leurs formats ne sont pas utilisés ici pour établir un prix au kilo. L’opération impose en outre l’achat de deux unités : une économie de 34 % sur la paire reste associée à une dépense plus élevée qu’un achat à l’unité.

Monoprix ramène l’Ariel 40 lavages à environ 22 centimes par lavage

Chez Monoprix, l’offre étudiée atteint -80 % sur le deuxième produit et couvre notamment plusieurs lessives Ariel. Les conditions promotionnelles du site marchand sont annoncées du 6 au 18 octobre 2026. Deux articles de la sélection doivent être placés dans le panier et, lorsqu’ils n’ont pas le même prix, la réduction s’applique au moins cher.

L’Ariel Original 40 lavages de 1,8 litre est affiché à 14,90 euros. Une deuxième bouteille identique remisée de 80 % coûte 2,98 euros. Les deux flacons représentent donc 17,88 euros de dépense, contre 29,80 euros sans l’opération, soit 40 % d’économie sur la paire. La référence figure dans la sélection Monoprix concernée par la remise sur le deuxième produit.

Rapporté à l’usage, le résultat devient plus parlant. Les 3,6 litres cumulés correspondent à 80 lavages, pour environ 4,97 euros le litre et 0,22 euro par lavage.

La version Ariel Original 30 lavages contient 1,431 litre et coûte 12,90 euros à l’unité. Deux flacons soumis à la même remise totalisent 15,48 euros, soit environ 5,41 euros le litre et 0,26 euro par lavage. Entre ces deux références précisément observées, le conditionnement de 40 lavages demande davantage d’argent au moment de l’achat, mais son coût à la dose est inférieur.

Le pourcentage promotionnel est identique dans les deux cas. Le nombre de lavages suffit pourtant à modifier l’intérêt économique du format.

Carrefour affiche 5,39 euros les 12 rouleaux Renova sur la page consultée

La page promotions Carrefour consultée affiche un paquet de 12 rouleaux d’essuie-tout Renova Flexi Absorption à 5,39 euros, contre 8,99 euros affichés avant réduction. L’enseigne mentionne une baisse de 40 % et un prix de 0,45 euro par rouleau.

Le mécanisme diffère des exemples précédents : les 5,39 euros correspondent directement au prix affiché pour le paquet, sans achat d’un deuxième lot ni somme à récupérer ultérieurement.

Cette observation concerne la page en ligne contrôlée. Le tarif et la disponibilité peuvent dépendre du magasin sélectionné ou du mode de retrait, ce qui empêche de présenter les 5,39 euros comme un prix disponible partout dans les mêmes conditions.

Le prix au rouleau apporte déjà une information supplémentaire, mais deux paquets d’essuie-tout ne sont pas nécessairement comparables sur ce seul critère. Nombre de feuilles, dimensions et épaisseur peuvent modifier l’usage obtenu avec chaque rouleau.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes précise qu’une annonce de réduction entrant dans le champ de cette réglementation doit prendre comme référence le prix le plus bas pratiqué par le professionnel pendant les trente jours précédents.

Chez Intermarché, les 20 % du traiteur sont versés après l’achat

Intermarché utilise un mécanisme différent jusqu’au 18 octobre. Dans les magasins participants, un e-coupon accorde 20 % en avantage carte sur le rayon traiteur libre-service. L’opération nécessite la carte de fidélité, l’application de l’enseigne et une activation du coupon au moins quinze minutes avant le passage en caisse ou la validation de la commande en ligne.

Le calcul porte sur une dépense comprise entre 10 et 20 euros. Au-delà de 20 euros d’achats éligibles, le montant retenu n’augmente plus. L’avantage maximal atteint donc 4 euros, avec un seul passage en caisse ou une seule commande pris en compte.

Un panier de 20 euros entièrement éligible reste débité de 20 euros au moment de l’achat. Les 4 euros sont ensuite crédités sur le compte fidélité. Après utilisation intégrale de cette somme, le coût net théorique tombe à 16 euros.

Coût net théorique après utilisation complète de l’avantage fidélité, et non montant payé au moment de l’achat.

Cette mécanique oblige donc à distinguer deux moments : la dépense effectuée aujourd’hui et l’économie matérialisée lors de l’utilisation ultérieure de la cagnotte.

Les plafonds de 34 % et 40 % expliquent la fréquence de ces pourcentages

Les taux observés chez E.Leclerc et Monoprix correspondent aussi aux plafonds applicables à certaines promotions. La DGCCRF indique que les avantages promotionnels sont limités à 34 % de la valeur pour les produits alimentaires concernés et à 40 % pour les produits de grande consommation non alimentaires concernés, notamment en droguerie, parfumerie et hygiène. Le dispositif est prévu jusqu’au 15 avril 2028.

Avec deux produits identiques à 10 euros, un second article remisé de 68 % coûte 3,20 euros. Le client paie 13,20 euros au lieu de 20 euros, soit 34 % d’économie sur les deux unités.

À -80 % sur le deuxième, celui-ci coûte 2 euros. La paire revient à 12 euros au lieu de 20 euros, soit 40 % de réduction sur l’ensemble.

Cette correspondance arithmétique explique la présence régulière de ces taux dans les prospectus. La conformité d’une opération donnée dépend toutefois de sa mécanique précise, de la catégorie du produit et des règles qui lui sont applicables.

Quatre chiffres permettent de comparer une promotion sans se fier au pourcentage

Une offre sur le deuxième produit se lit d’abord à travers la somme totale déboursée et la quantité imposée. Pour une lessive, le prix par lavage affine ensuite l’arbitrage ; pour un essuie-tout, le prix au rouleau donne un premier repère, à compléter avec les caractéristiques du produit.

Une remise fidélité demande une autre lecture : le ticket de caisse reste inchangé au moment de l’achat et l’économie dépend de l’utilisation future de la cagnotte. Les conditions peuvent ajouter d’autres contraintes, comme une activation dans l’application, un plafond d’achats éligibles ou la participation du magasin.

Dans les offres examinées, les dates deviennent également déterminantes : les opérations Monoprix et Intermarché étudiées prennent fin le 18 octobre, tandis que l’édition E.Leclerc utilisée court jusqu’au 24 octobre. Ces échéances, le montant payé à la caisse et le prix par unité ou par usage donnent une lecture beaucoup plus précise d’une promotion que le pourcentage affiché seul.

Économiste de formation, diplômé d’un Master en Économie de l’Entreprise et des Marchés par l'Université Sorbonne Paris Nord. Mon parcours professionnel a été façonné par la grande distribution et par une expérience au sein de l’Institut National de la Consommation.

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