Grand Frais revendique désormais 350 magasins en France et en Belgique. Le 350e point de vente, ouvert à Romainville en Seine-Saint-Denis, confirme l’expansion d’un réseau spécialisé dans les fruits et légumes, la boucherie, la poissonnerie, la fromagerie et l’épicerie. Pour les ménages, cette croissance élargit surtout l’accès à une offre de produits frais qui concurrence les supermarchés, les marchés et les commerces spécialisés.
Avec 350 magasins, Grand Frais creuse l’écart avec les autres spécialistes du frais
Le réseau atteint une dimension rarement observée parmi les enseignes françaises centrées sur les produits frais. Selon Linéaires, Mangeons Frais comptait 156 points de vente et Fresh 77 lorsque Grand Frais a franchi le seuil des 350 magasins.
Cette avance ne suffit pas à faire de Grand Frais le magasin principal des ménages qui le fréquentent. Des données Kantar Worldpanel relayées par CB News indiquaient que 21 % des ménages avaient acheté des produits frais traditionnels dans l’enseigne en cumul annuel à P4 2024. La fréquence atteignait environ dix visites par an, avec un panier moyen de 25 euros.
Ces chiffres décrivent plutôt un usage complémentaire. Un client peut y acheter fruits, légumes, viande ou fromage sans y concentrer l’ensemble de ses dépenses alimentaires, notamment l’épicerie courante, les produits surgelés ou les grandes marques présentes dans les supermarchés généralistes.
Le magasin de Romainville rapproche l’enseigne des zones urbaines denses
Le 350e magasin a été installé dans le centre commercial Paddock Paris Est, au 60 avenue Gaston-Roussel à Romainville. Il accueille les clients du lundi au samedi de 9 h à 20 h et le dimanche matin, selon les informations publiées par Grand Frais pour ce point de vente.
Cette implantation illustre une évolution du maillage de Grand Frais. Le modèle de l’enseigne, longtemps très associé aux zones commerciales périphériques, trouve aussi sa place dans des secteurs urbains où plusieurs formats alimentaires coexistent déjà.
À Romainville et dans l’Est parisien, un même déplacement permet ainsi de réunir des achats auparavant répartis entre primeur, boucherie, fromagerie, poissonnerie et supermarché. L’intérêt économique dépend néanmoins de la proximité du magasin. Quelques euros économisés sur les produits frais perdent rapidement leur poids dans le budget si le trajet impose davantage de kilomètres ou l’usage systématique de la voiture.
Les promotions de Romainville montrent l’importance du prix au kilo
Lors de l’ouverture, plusieurs offres présentées par le magasin de Romainville donnaient des repères précis : la tomate Divinina d’origine France, catégorie 2, était affichée à 1,99 euro le kilo et le filet de poulet à 11,49 euros le kilo. Une mozzarella Fior di latte de 125 grammes vendue 0,99 euro revenait à 7,92 euros le kilo. Un Saint-Marcellin IGP de 80 grammes proposé à 1,99 euro atteignait, lui, 24,88 euros le kilo.
Ces écarts montrent les limites du seul prix affiché sur l’emballage. Deux produits proposés à 1,99 euro peuvent représenter des dépenses très différentes lorsqu’ils sont ramenés au kilogramme.
La comparaison demande aussi de rapprocher des références équivalentes. La tomate Divinina mentionnée dans l’offre était classée en catégorie 2. Son tarif ne se compare donc utilement qu’avec une tomate de variété, d’origine et de catégorie proches. Les cotations du Réseau des nouvelles des marchés de FranceAgriMer varient selon ces caractéristiques, mais aussi selon le marché observé et le stade de commercialisation.
Une promotion isolée renseigne donc sur une référence et une période données, pas sur le niveau général des prix de l’enseigne.
Fruits et légumes représentent une dépense suffisamment régulière pour comparer les enseignes
Le poids des produits frais dans les achats alimentaires explique l’intérêt d’une comparaison suivie. D’après le bilan de consommation 2024 d’Interfel, les produits frais traditionnels représentaient 26 % des dépenses alimentaires à domicile. Les fruits et légumes frais, pommes de terre comprises, en représentaient 10 %.
Les prix des produits frais traditionnels avaient progressé de 2,0 % sur l’année 2024, contre 1,5 % pour les fruits et légumes frais. Un ménage effectuait en moyenne 69,6 actes d’achat de fruits et légumes frais sur l’année, avec environ 2,4 kg par panier et un prix moyen payé de 2,88 euros par kilo.
À cette fréquence, un écart durable de quelques dizaines de centimes par kilo finit par peser davantage qu’une réduction spectaculaire sur un seul produit. Un panier composé régulièrement des mêmes références fournit une comparaison plus solide : tomates, courgettes, poulet, fromage ou poisson peuvent être suivis sur plusieurs passages, avec des produits d’origine et de qualité comparables.
Cette méthode permet aussi d’identifier les produits d’appel. Un magasin peut afficher un tarif très bas sur les tomates ou les courgettes tout en étant moins bien placé sur la viande, le fromage ou le poisson. Le montant payé à la caisse reste alors plus instructif que la meilleure promotion repérée en rayon.
Plus de 800 producteurs français annoncés pour les fruits et légumes
Grand Frais indique travailler avec plus de 800 producteurs en France pour son offre de fruits et légumes. L’enseigne explique également privilégier les produits français lorsque leur qualité et leur disponibilité le permettent.
Cette présentation commerciale ne rend pas tous les produits vendus par l’enseigne français ou locaux. L’origine affichée en rayon permet de distinguer une production française d’une référence importée, tandis que le lieu de production ne renseigne pas à lui seul sur la distance parcourue jusqu’au magasin.
La politique de Grand Frais comporte aussi une particularité concernant le bio. Dans sa foire aux questions, l’enseigne indique ne pas proposer de fruits et légumes issus de l’agriculture biologique. Elle mentionne en revanche l’accompagnement de certains producteurs vers la certification Haute Valeur Environnementale.
Les mentions « français », « local », « Haute Valeur Environnementale » et « agriculture biologique » correspondent à des réalités différentes. Un acheteur qui privilégie un critère particulier doit donc s’appuyer sur l’origine, le label et les informations portées sur le produit plutôt que sur la présentation générale du rayon.
Le prix à l’unité permet de départager deux produits de formats différents
Les produits conditionnés rendent la comparaison plus délicate que les fruits et légumes vendus au poids. L’Institut national de la consommation rappelle que l’étiquetage doit notamment permettre d’identifier la quantité nette délivrée. Service-public.fr précise également que l’information sur le prix comprend, pour les produits concernés, le prix à l’unité de mesure, par exemple au kilogramme ou au litre.
La mozzarella vendue 0,99 euro les 125 grammes en fournit une illustration directe : son prix au kilo atteint 7,92 euros. Le Saint-Marcellin proposé au même prix facial, mais en portion de 80 grammes, revient à 24,88 euros le kilo.
Cette lecture devient particulièrement utile lorsqu’un rayon juxtapose portions individuelles, formats familiaux, produits à la coupe et références préemballées. Elle évite d’attribuer automatiquement le meilleur rapport quantité-prix au produit dont l’étiquette affiche le montant le plus bas.
Grand Frais devient surtout pertinent pour les achats réguliers de produits frais
Le réseau de 350 magasins renforce l’intérêt de l’enseigne pour les foyers qui achètent fréquemment fruits, légumes, viande, poisson ou fromage et disposent d’un point de vente à proximité. Sa largeur d’offre permet de réunir plusieurs catégories de frais dans un même magasin.
Le modèle répond moins directement aux besoins d’un ménage qui cherche à effectuer toutes ses courses au même endroit, notamment lorsqu’une part importante du panier est constituée de produits surgelés, de références d’épicerie courante, de produits transformés ou de grandes marques.
Le prix constitue également un critère à mesurer sur plusieurs achats. Le nombre de magasins et la largeur des rayons renseignent sur le développement de Grand Frais, mais pas sur le coût d’un panier individuel. Pour départager l’enseigne d’un supermarché, d’un marché ou d’un primeur, la comparaison la plus utile reste celle de quelques produits réellement achetés, au kilogramme ou au litre, à qualité et origine comparables.

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